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Syrie: Bachar el-Assad pose ses conditions au plan de sortie de crise

29/03/2012 04:45 EDT | Actualisé 28/05/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Le président syrien Bachar el-Assad a affirmé jeudi qu'il ne ménagerait aucun effort pour que le plan de sortie de crise proposé par l'émissaire de la Ligue arabe et de l'ONU soit un succès, mais il a demandé que les opposants armés qui combattent son régime s'engagent à cesser les violences.

Sur le terrain, des hommes armés ont tué par balle deux colonels dans le centre de la ville d'Alep, la plus grande ville de Syrie. L'agence de presse SANA a attribué l'attaque à quatre assaillants appartenant «à un groupe terroriste armé». Les colonels Abdel-Karim al-Rai et Fouad Shaban se rendaient à leur travail.

À Ghouta, une ville située à quelques kilomètres de Damas, des hommes armés ont enlevé le pilote militaire Mohammad Omar al-Dirbas alors qu'il se rendait lui aussi à son travail, selon SANA. L'agence n'a pas précisé où les trois militaires travaillaient et quelles étaient leurs fonctions précises. Personne n'a revendiqué la responsabilité des attaques.

Des rebelles ont par ailleurs pris en embuscade un camion de l'armée et ont tué deux soldats dans la province de Hama, dans le centre du pays, selon des militants. Des affrontements ont aussi éclaté pendant la journée entre les troupes gouvernementales et des déserteurs de l'armée dans le nord et le sud du pays.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme a rapporté qu'au moins cinq civils avaient été tués dans des raids de l'armée contre des villages rebelles de la province d'Idlib, le long de la frontière avec la Syrie. L'Observatoire a aussi signalé des affrontements dans la ville de Dael, dans le sud du pays.

Selon l'Observatoire, les forces de sécurité ont tué au moins 16 civils à travers le pays jeudi, tandis qu'une autre organisation, les Comités locaux de coordination, ont avancé un bilan de 31 civils tués, dont un enfant et deux femmes.

Les attaques perpétrées jeudi par les rebelles armés ont mis en évidence la crainte du gouvernement syrien: l'acceptation et la mise en application du plan des Nations unies, qui appelle à un cessez-le-feu complet, risque de signer la fin d'un régime autoritaire qui s'est largement appuyé sur la force pour se maintenir au pouvoir pendant quatre décennies.

La condition posée par Bachar el-Assad pourrait compliquer les efforts de Kofi Annan pour mettre fin à plus d'un an de violences en Syrie, qui ont fait plus de 9000 morts, selon un nouveau bilan de l'ONU.

L'opposition a accueilli avec réserve le plan de sortie de crise, et doute que le régime le mette réellement en application, estimant que Bachar el-Assad a accepté le plan pour gagner du temps tout en continuant d'écraser le soulèvement.

Selon les commentaires rapportés jeudi par l'agence de presse syrienne, Bachar el-Assad a affirmé que la Syrie «ne ménagera aucun effort pour faire de la mission (de Kofi Annan) un succès et espère que cela ramènera la sécurité et la stabilité dans le pays».

«Pour que la mission de M. Annan soit un succès, il devrait se concentrer sur le tarissement des sources qui soutiennent le terrorisme en Syrie», a ajouté le président syrien.

L'an dernier, le président El-Assad avait accepté un plan de la Ligue arabe semblable à celui proposé par Kofi Annan, promettant de travailler avec les observateurs qui se sont rendus en Syrie pour tenter de mettre fin aux violences. Mais le régime n'a pas retiré comme promis ses chars des villes, affirmant que le pays était sous le coup d'une attaque de groupes armés. Le bain de sang s'est aggravé depuis que la Ligue a suspendu sa mission d'observation le 28 janvier.

Lors d'un sommet de la Ligue arabe, jeudi, dans la capitale irakienne, les dirigeants présents ont adopté une résolution appelant le régime syrien à «mettre en application immédiatement» les propositions de Kofi Annan. Le plan appelle Damas à cesser immédiatement les mouvements de troupes et l'utilisation d'armes lourdes dans les zones civiles, et à accepter une trêve de deux heures par jour pour permettre l'acheminement de l'aide humanitaire et l'évacuation des blessés.

Le plan appelle aussi à un cessez-le-feu complet supervisé par l'ONU pour permettre à toutes les parties de discuter d'une solution politique.

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