Sécurité de la vieillesse: admissibilité repoussée de 65 à 67 ans

Retirement

Première Publication: 29/03/2012 16:20 Mis à jour: 29/03/2012 17:25

OTTAWA - Si le budget du ministre Raymond Bachand, à Québec, faisait une grande place aux mesures touchant les personnes âgées et la retraite, celui de son homologue fédéral Jim Flaherty en fait autant.

Le budget déposé jeudi à la Chambre des communes prévoit une hausse de l'âge d'admissibilité aux prestations de la Sécurité de la vieillesse de 65 à 67 ans.

Il en sera de même pour les prestations du Supplément de revenu garanti, dont bénéficient les personnes âgées démunies.

Pour donner aux Canadiens le temps d'absorber ces changements qui modifient leurs projets de retraite, le gouvernement fédéral prévoit un certain laps de temps avant que ces mesures n'entrent en vigueur. Ainsi, la hausse de l'âge d'admissibilité à ces prestations débutera graduellement à compter d'avril 2023 et se poursuivra jusqu'en janvier 2029.

Les personnes qui ont présentement 54 ans ou plus ne sont donc pas touchées.

Celles qui sont nées le 1er février 1962 ou après deviendront admissibles à ces prestations à l'âge de 67 ans.

Celles qui sont nées entre le 1er avril 1958 et le 31 janvier 1962 deviendront admissibles graduellement entre les âges de 65 et 67 ans.

De plus, celles qui désirent toucher plus d'argent mais plus tard pourront le faire, mais seulement à compter du 1er juillet 2013. Il sera donc possible de reporter volontairement, pour au plus cinq ans, le début du versement des prestations de la Sécurité de la vieillesse en échange de montants plus élevés.

À titre d'exemple, un travailleur qui aura 65 ans en septembre 2013 et qui serait prêt à reporter d'un an le versement de sa prestation de la Sécurité de la vieillesse touchera 6948 $ par an plutôt que 6481 $ lorsqu'il s'en prévaudra à 66 ans.

Le gouvernement affirme que ces changements sont nécessaires pour assurer la viabilité à long terme du programme de la Sécurité de la vieillesse, puisque les Canadiens vivent plus vieux qu'avant.

Le programme de la Sécurité de la vieillesse verse des prestations totalisant 38 milliards $ aux Canadiens chaque année. Environ 4,9 millions de Canadiens en perçoivent. La pension maximale atteint 6481 $ par année à l'heure actuelle.

Pour les aînés à faible revenu, le Supplément de revenu garanti vient apporter un peu plus de répit. Dans ce cas, la pension maximale annuelle est de 8788 $ pour les personnes seules et de 11 654 $ pour les couples.

Mince consolation, le gouvernement instaurera finalement un système d' «inscription proactive» au Supplément de revenu garanti. Il s'agit d'une demande de longue date de la part des groupes de défense des personnes âgées et des partis d'opposition. Plusieurs aînés démunis, admissibles à ce Supplément de revenu garanti, ne le demandaient même pas, ignorant qu'ils y avaient droit.

Avec ce nouveau système, le ministre Flaherty dit vouloir «améliorer les services aux aînés» et alléger le fardeau administratif. La mesure sera mise en place graduellement de 2013 à 2015.

En plus de l'augmentation de l'âge d'admissibilité à la Sécurité de la vieillesse et au Supplément de revenu garanti, il y aura aussi augmentation de l'âge d'admissibilité pour les prestations d'invalidité et de survivant, qui sont versées en vertu du Régime de pensions du Canada. L'âge d'admissibilité, qui est actuellement de 60 à 64 ans, passera progressivement de 62 à 66 ans, et ce, à compter d'avril 2023.

Le gouvernement fédéral ouvre toutefois la porte à des «compensations aux provinces» à cause des coûts additionnels que représenteront pour elles le rehaussement de l'âge d'admissibilité aux prestations de la Sécurité de la vieillesse dans certains cas. Certains programmes de soutien social prennent fin à l'âge de 65 ans et les personnes risquaient autrement de se retrouver sans revenu pendant un certain temps, à cause du rehaussement de l'âge d'admissibilité à la Sécurité de la vieillesse.

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Publié par Jean-Philippe Cipriani  |