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Mohamed Merah enterré en France après le refus de l'Algérie de recevoir le corps

29/03/2012 02:00 EDT | Actualisé 29/05/2012 05:12 EDT

TOULOUSE, France - Mohamed Merah, l'auteur présumé des tueries de Toulouse et de Montauban, a été inhumé jeudi dans un cimetière musulman situé près de Toulouse, après le refus de l'Algérie de recevoir le corps, a annoncé un responsable du Conseil français du culte musulman.

Le maire de Toulouse, Pierre Cohen, avait réclamé un report de 24 heures de l'inhumation, qu'il ne jugeait «pas opportune» sur le territoire de sa commune. Mais faute de solution, il a finalement dû se résoudre à donner le permis d'inhumer, le président Nicolas Sarkozy ayant tranché la question en souhaitant que cette inhumation ne crée pas de polémique.

Les autorités algériennes ont refusé le transfert du corps de Merah Merah en Algérie pour des raisons d'ordre public, selon Abdallah Zekri, représentant du Conseil français du culte musulman.

Une vingtaine de personnes, des hommes uniquement, ont assisté à l'inhumation dans un espace réservée aux musulmans au cimetière de Cornebarrieu, près de Toulouse. Il n'y avait pas de membres directs de la famille, mais «des jeunes du quartier qui le connaissaient», a rapporté Abdallah Zekri.

«Tout est terminé, on n'en parle plus, il est dans sa tombe», a déclaré M. Zekri à la sortie du cimetière.

Dans un entretien accordé à plusieurs journaux algériens, le père du jeune homme, Mohamed Benalel Merah, avait expliqué qu'il souhaitait que son fils soit enterré dans le cimetière familial situé près de Médéa, à 91 kilomètres au sud d'Alger.

Le président Nicolas Sarkozy a souhaité qu'«on ne fasse pas de polémique» avec l'inhumation de Mohamed Merah. «Il était Français, qu'il soit enterré et qu'on ne fasse pas de polémique avec ça», a-t-il dit.

Le maire de Toulouse a dit craindre que sa ville ne devienne un lieu de «tourisme macabre» et que l'auteur présumé des tueries «puisse être considéré comme un martyr».

«Nous allons mettre longtemps à digérer ce qui s'est passé à Toulouse en termes de massacres et de souffrances, et donc il nous semblait opportun de trouver un autre lieu» pour l'enterrement, a expliqué M. Cohen, en assurant ne vouloir lancer «ni polémique ni rancoeur».

Mohamed Merah, âgé de 23 ans, a été abattu jeudi dernier lors de l'intervention des forces de l'ordre dans son appartement toulousain, où il était retranché depuis 32 heures. Au cours de ses échanges avec les négociateurs de la police, il a revendiqué les fusillades qui ont fait sept morts à Montauban et à Toulouse et s'est réclamé d'Al-Qaïda, selon le procureur François Molins.

L'enquête se poursuit pour déterminer si Mohamed Merah avait des complices. Son frère Abdelkader a été mis en examen dimanche.

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