D'autres manifestations étudiantes éclatent jeudi matin à Montréal

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MANIFESTATION ETUDIANTS
Les étudiants qui protestent contre la hausse des droits de scolarité exigée par le gouvernement Charest n'entendent pas lâcher prise. | PC

MONTRÉAL - Des étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité ont une fois de plus envahi des rues du centre-ville de Montréal, jeudi, dans le cadre d'une manifestation qui a emprunté quatre trajets différents.

Masqués et costumés, plusieurs groupes de manifestants ont déambulé sur de nombreuses artères du centre-ville, perturbant la circulation routière, avant de se retrouver à la Place des arts, dans le quartier des spectacles, en fin d'après-midi. D'autres se trouvaient à l'intérieur du complexe des sciences de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

Les quatre couleurs des trajets — orange, jaune, bleu et vert — ont ainsi mené les groupes de la rue Guy à l'avenue Papineau ainsi que de la rue Sherbrooke jusqu'à la rue Saint-Antoine.

Le premier ministre Jean Charest a été la cible d'un petit groupe de manifestants, qui ont brûlé un pantin à son effigie près de l'UQAM alors que leur trajet tirait à sa fin.

«Il y a beaucoup de tension et c'est une façon pour nous d'exprimer notre frustration» a expliqué un étudiant masqué qui a préféré ne pas être identifié.

Malgré six semaines de grève et plusieurs manifestations spontanées qui ont parfois suscité la grogne au sein de la population, plusieurs manifestants estiment désormais bénéficier de l'appui de la majorité des Québécois.

«Le débat s'élargit et les manifestations deviennent de plus en plus grosses», a expliqué Odile Gamache, qui prenait part à un des rassemblements. «Des familles s'ajoutent à nos manifestations. Ça dépasse les étudiants et l'éducation.»

Un autre manifestant, Jean-Philippe, abondait dans le même sens. «Si ce n'est pas des citoyens qui descendent dans les rues avec nous lors des événements, ils s'expriment publiquement de plus en plus en notre faveur», a-t-il dit.

Les quatre marches se sont déroulées dans un calme relatif et une ambiance festive, même si deux voitures de police ont été vandalisées à proximité du quartier général du SPVM, sur la rue Saint-Urbain.

Un des véhicules a été aspergé de peinture rose alors qu'un signe anarchiste a été dessiné sur l'autre. Des graffitis auraient également été commis au cégep du Vieux-Montréal ainsi que sur des autobus de la Société de transport de Montréal.

Le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) a indiqué que seulement trois personnes avaient été arrêtées pour des méfaits.

«Les trois filles avaient été localisées lorsqu'elles ont fait des graffitis mais les policiers ont jugé bon d'attendre à la fin de la marche pour procéder à leur arrestation», a expliqué un porte-parole, Yannick Ouimet.

Un événement qui se déroulait dans l'agora de l'UQAM, à l'extérieur, près de l'angle des rues Saint-Denis et Sainte-Catherine, a également été perturbé par plusieurs manifestants.

En matinée, c'est le palais de justice de Montréal qui a été la cible des étudiants, alors que 200 manifestants ont d'abord bloqué l'entrée principale de l'édifice de la rue Notre-Dame.

Le groupe a ensuite entrepris une marche dans les rues du Vieux-Montréal avant de revenir au palais de justice pour y pénétrer brièvement, cette fois. Cette intrusion n'a entraîné aucune arrestation, selon le Service de police de la ville de Montréal.

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