La ville de Washington ne serait pas anéantie par une attaque nucléaire

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WASHINGTON
(Photo AP) | AP

WASHINGTON - Hollywood a fréquemment envoyé des terroristes anéantir Washington — ou New York ou Los Angeles — à l'aide d'armes nucléaires. Une telle attaque semble plus difficile à perpétrer dans la vraie vie.

Examinant l'impensable, une étude réalisée par le gouvernement des États-Unis a analysé l'impact probable de l'explosion d'une bombe de 10 kilotonnes à quelques coins de rue de la Maison-Blanche. Des dommages inimaginables surviendraient dans un rayon d'un peu moins d'un kilomètre, des édifices réduits en ruines créant une scène ressemblant à Berlin après les bombardements de la Deuxième Guerre mondiale.

Mais au-delà de cette zone, conclut l'étude, il serait possible de survivre à une telle explosion nucléaire.

«Ce n'est pas la fin du monde, a dit Randy Larsen, un colonel à la retraite de l'armée de l'air, et le fondateur et directeur de l'Institut pour la sécurité intérieure. Ce n'est pas un scénario de la guerre froide.»

L'étude de 120 pages a été publiée, sans grand fracas, l'automne dernier par le département de la Sécurité intérieure et par la National Nuclear Security Administration des États-Unis. Même si le document n'a jamais été rendu public par le gouvernement, il a ensuite circulé librement sur le Web.

Le rapport estime que la zone de destruction causée par cette explosion fictive s'étendrait du sud de la Maison-Blanche jusqu'au quartier général de la police fédérale américaine, le FBI. Mais d'autres bâtiments importants — le Capitole, la Cour suprême et le Pentagone — ne subiraient que des dégâts mineurs.

L'étude gouvernementale anticipe 323 000 blessés et plus de 45 000 morts. Une explosion nucléaire de 10 kilotonnes serait environ 5000 fois plus puissante que le camion piégé qui a explosé à Oklahoma City en 1995.

Au moins quatre hôpitaux de la région seraient lourdement endommagés et quatre autres recevraient des retombées radioactives dangereuses. Le gouvernement utiliserait la radio et la télévision — mais aussi des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter — pour communiquer avec la population.

«Malheureusement, nos instincts peuvent être notre pire ennemi», prévient le rapport.

En effet, les gens se précipiteraient probablement vers les fenêtres après l'explosion, mais le souffle serait suffisant pour briser des fenêtres dans un rayon de cinq kilomètres en moins de 10 secondes, rehaussant les risques de blessures. Des victimes terrifiées chercheraient à fuir la région, mais se trouver à l'extérieur pourrait les exposer à des doses mortelles de radiation en seulement quelques minutes.

Le gouvernement recommande plutôt de se mettre à l'abri au sous-sol ou dans un stationnement sous-terrain. Au bout de sept heures, la radiation commence à se faire nettement moins menaçante, a dit M. Larsen.

Dans des villes plus denses, comme New York, les gratte-ciel pourraient aider à limiter la propagation des débris, mais le nuage radioactif dériverait néanmoins au-dessus d'un large secteur.

La principale différence entre cette attaque hypothétique et une frappe par des missiles lancés par l'ancienne Union soviétique tient à la taille de l'explosion. Les scénarios élaborés pendant la guerre froide anticipaient l'explosion d'une bombe à hydrogène en plein ciel plutôt que l'explosion, dans la rue, d'un engin assez petit pour être camouflé dans une camionnette.

«Nos images de la guerre nucléaire proviennent d'Hiroshima ou de Nagasaki ou des films de la guerre froide, a dit Brian Michael Jenkins, de la société RAND. Si vous imaginiez (une ville) effacée de la surface du globe, ce n'est pas ce qui se produirait.»

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