Québec détourne l'argent dévolu à la francisation des immigrants, dit Khadir

Amir Khadir

Première Publication: 29/03/2012 10:35 Mis à jour: 29/03/2012 14:55

QUÉBEC - Québec détourne à d'autres fins les sommes d'argent dédiées par Ottawa à la francisation des immigrants, selon le député de Mercier, Amir Khadir.

Ce faisant, le gouvernement Charest favorise l'anglicisation du Québec et met tout en oeuvre pour décourager les immigrants allophones à apprendre le français, selon le porte-parole de Québec solidaire.

En point de presse, jeudi, il a notamment déploré le fait que l'allocation reçue par les immigrants qui fréquentent des cours de francisation à temps plein était gelée depuis huit ans.

Tableaux à l'appui, il a tenté de faire la démonstration de l'écart grandissant entre les sommes transférées du fédéral et celles utilisées par Québec à des fins de francisation et d'intégration.

Ainsi, selon les données citées, Québec injectera 173 millions $ cette année pour l'ensemble des mesures d'immigration, d'intégration et de francisation des immigrants, alors que le gouvernement reçoit 283 millions $ du gouvernement fédéral à cette fin.

La différence est détournée vers le service de la dette, selon lui.

Il note que le gouvernement fédéral a augmenté sa contribution de 25 millions $ cette année, en paiements de transfert au Québec à ce chapitre, mais que le gouvernement avait gelé à 67 millions $ le budget alloué spécifiquement à la francisation et diminué de 2 millions $ celui destiné uniquement à l’intégration, qui est passé de 50 à moins de 48 millions $.

Persuadé que «le français recule à Montréal», il a dit juger la situation très préoccupante pour les nouveaux arrivants, particulièrement ceux à la recherche d'un emploi.

«L'accès à l'emploi fait problème» et les taux de chômage sont élevés, a-t-il dit, alors que l'argent est disponible pour la francisation des allophones.

Selon M. Khadir, le gouvernement agit de la sorte parce que les libéraux tiennent le vote des immigrants pour acquis et ne sentent donc aucunement le besoin de répondre adéquatement à leurs besoins sur le plan des compétences linguistiques.

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Publié par Patrick White  |