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Jim Balsillie démissionne du conseil d'administration de Research In Motion

29/03/2012 10:26 EDT | Actualisé 29/05/2012 05:12 EDT

TORONTO - Research In Motion a annoncé jeudi que son ancien cochef de la direction Jim Balsillie, qui a contribué à faire de BlackBerry une des marques les plus connues de l'industrie des téléphones intelligents, avait démissionné du conseil d'administration de la société.

Cette annonce, symbolique des changements qui touchent la société établie à Waterloo, en Ontario, accompagnait un rapport financier dont les résultats ont déçu les attentes des analystes — pourtant déjà faibles.

Plutôt qu'un profit, la société a affiché une perte pour son dernier trimestre de l'exercice financier 2012, un résultat attribuable à la dépréciation de certains de ses actifs.

Les ventes ont été légèrement inférieures aux attentes des analystes et la société a indiqué qu'elle ne fournirait pas de prévisions quant à ses futurs revenus ou résultats.

Research In Motion a aussi indiqué avoir entamé une révision stratégique de ses activités — une expression qui signale généralement des changements majeurs pour une entreprise, comme sa vente ou sa fusion avec une autre société.

Parmi les plus connus

M. Balsillie, qui était cochef de la direction de RIM en compagnie de son fondateur Mike Lazaridis jusqu'à ce qu'ils abandonnent cette fonction en janvier, est devenu un des hommes d'affaires les plus connus au Canada, tant en raison de son rôle au sein de RIM qu'en raison de ses tentatives vaines pour acheter une équipe de la Ligue nationale de hockey avec sa fortune personnelle et la faire déménager dans le sud de l'Ontario.

«Alors que je prends ma retraite de RIM, je suis reconnaissant pour cette expérience remarquable et pour avoir travaillé avec des professionnels exceptionnels qui ont aidé à faire de cette idée canadienne un succès mondial», a déclaré M. Balsillie dans un communiqué.

La présidente du conseil de RIM, Barb Stymiest, a remercié M. Balsillie. «Son énergie, son dynamisme et son enthousiasme ont permis de bâtir une des sociétés de technologie les plus prospères de notre époque», a-t-elle indiqué.

Selon RIM, la révision stratégique entamée comprend des partenariats et des coentreprises, ainsi que la vente sous licence de sa technologie.

La société est surtout réputée pour ses forces techniques. Elle produit elle-même son matériel, ses logiciels, ses systèmes d'exploitation et ses applications.

Bien que cela ait été un avantage pour RIM par le passé, la société a vu plusieurs développeurs de logiciels décider de se consacrer à des produits pour les téléphones iPhone d'Apple, ou ceux qui utilisent le système d'exploitation Android de Google, qui ont gagné en popularité ces dernières années.

Research In Motion a en outre annoncé que deux autres de ses haut-dirigeants la quittaient. Le chef de la technologie David Yach prend sa retraite et le chef des activités mondiales, Jim Rowan, s'en va poursuivre sa carrière ailleurs.

Importants défis

Thorsten Heins, qui a remplacé MM. Balsillie et Lazaridis au poste de chef de la direction, a affirmé jeudi que RIM faisait face à d'importants défis pour les prochains trimestres.

«En plus de livrer la plateforme BlackBerry 10 et de recentrer nos ressources sur les principales occasions d'affaires de RIM, comme le BlackBerry Mobile Fusion et une nouvelle offre de services intégrés, nous devrons aussi exécuter une meilleure performance au chapitre de l'exploitation par l'entremise d'une variété d'initiatives, dont une augmentation de la responsabilité de la direction et un processus de discipline», a indiqué M. Heins dans un communiqué.

Lorsque questionné jeudi sur la «révision stratégique» lors d'une conférence téléphonique avec des analystes, M. Heins a indiqué que la vente de l'entreprise «serait étudiée», mais qu'il ne s'agissait pas de la principale option privilégiée «en ce moment».

Research In Motion a affiché une perte de 125 millions $ US, soit 24 cents US par action, pour son quatrième trimestre, ce qui est notamment attribuable à une dévaluation de 355 millions $ US d'actifs intangibles.

Cette perte se compare à un profit de 934 millions $ US, soit 1,78 $ US par action, un an plus tôt. Les revenus ont reculé à 4,2 milliards $ US, contre 5,6 milliards $ US un an plus tôt.

Au cours du trimestre, RIM a livré environ 11,1 millions de téléphones BlackBerry et plus de 500 000 tablettes électroniques PlayBook.

En excluant les éléments non récurrents, le bénéfice ajusté de RIM atteint 418 millions $ US, soit 80 cents US par action.

Les analystes s'attendaient à ce que ce bénéfice soit de 81 cents par action, et misaient sur des revenus de 4,54 milliards $ US, d'après les prévisions colligées par Thomson Reuters. Ces mêmes analystes croyaient en outre que 11,5 millions de BlackBerry seraient livrés au cours du trimestre.

Jadis un leader mondial dans le secteur des téléphones intelligents, RIM perd de plus en plus de terrain face au iPhone d'Apple et aux téléphones intelligents qui utilisent le système d'exploitation Android de Google, surtout ceux produits par Samsung.

Le nouveau BlackBerry 10 — qui utilisera le système d'exploitation de la tablette PlayBook — n'est attendu que plus tard cette année.

L'action de RIM a pris jeudi trois cents à la Bourse de Toronto, pour clôturer à 13,69 $. L'annonce du départ de M. Balsillie et les résultats trimestriels ont été dévoilés après la fermeture des marchés.

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