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Geoff Molson chasse Pierre Gauthier et veut redonner du lustre au Canadien

29/03/2012 10:05 EDT | Actualisé 29/05/2012 05:12 EDT

BROSSARD, Qc - Le petit garçon de cinq ans qui avait l'habitude de rester bouche bée en présence des joueurs légendaires du Canadien des années 1970 a congédié l'un de ceux-ci, jeudi, ainsi que son acolyte des neuf dernières années. Mais il a aussi ramené un autre d'entre eux au bercail.

Geoff Molson, l'ancien fils de propriétaire maintenant devenu proprio du Canadien à son tour, a relevé Pierre Gauthier de ses fonctions de directeur général, jeudi. Il a aussi décidé que Bob Gainey, «d'un commun accord» avec ce dernier, n'agirait plus comme conseiller spécial au directeur général.

«Dès qu'il est devenu 100 pour cent sûr qu'on n'allait pas accéder aux séries, c'est devenu le bon moment», a dit Molson de la décision de remercier Gauthier. «Ça ne l'était pas avant car on avait toujours l'espoir de se qualifier, et ç'aurait créé encore plus d'instabilité qu'il y en avait déjà. Maintenant, ça nous donne 10 jours de plus pour commencer le travail de recherche.»

Molson a demandé à Serge Savard, l'ancien directeur général du Canadien, de l'aider dans le processus d'embauche du successeur de Gauthier. Entre-temps, Larry Carrière assurera l'essentiel du travail, notamment en ce qui concerne la préparation du repêchage et les évaluations individuelles d'après-saison. Carrière a ainsi abandonné le rôle d'entraîneur adjoint qu'il avait accepté après le congédiement de Jacques Martin et repris ses fonctions de d.g. adjoint, quoique avec une définition de tâches plus élargie. Cela l'amènera à travailler étroitement avec Molson.

L'entraîneur adjoint Pierre Groulx, qui regardait les matchs depuis la galerie de presse jusqu'ici, assistera aux rencontres depuis le banc à l'occasion des cinq derniers matchs de la saison.

«Le plan est que (Savard) nous aide dans le processus d'embauche», a dit Molson, sans préciser s'il avait l'intention de prolonger ou d'élargir le mandat de celui qui a bâti l'équipe du CH qui a remporté la coupe Stanley en 1993. «C'est quelqu'un que ma famille connaît depuis la fin des années 1960. Il représente très bien l'esprit de cette organisation et il est quelqu'un qui nous est très précieux.

«Il a connu toute une carrière comme joueur et comme d.g., et il est toujours très branché avec le monde du hockey, a ajouté Molson. J'ai eu une bonne discussion avec lui la semaine dernière. Sa priorité, comme la mienne, est de choisir la meilleure personne pour ce travail et pour gagner.»

Molson a indiqué qu'il n'a pas encore établi, avec Savard, la liste des qualités que devra avoir le prochain directeur général. Le président du CH en avait toutefois déjà une bonne idée, jeudi.

«Un directeur général doit être le meneur de l'organisation au plan du hockey. Il doit aussi être un bon communicateur, à l'intérieur de l'organisation et à l'externe. Et il doit avoir le désir de gagner à tout prix», a-t-il dit, tout en précisant qu'il ne s'était pas fixé de date limite pour l'embauche. «La priorité, c'est de trouver la meilleure personne pour réaliser notre défi, qui est de rebâtir une organisation gagnante. Tous les candidats qui répondent à ce critère-là seront considérés.»

Y compris ceux qui ne parlent que l'anglais, a laissé entendre Molson.

«C'est important que le d.g. puisse parler en français, mais la priorité no 1 c'est de trouver la meilleure personne pour le poste, a dit l'homme d'affaires parfaitement bilingue. À compétence égale, notre préférence est d'avoir quelqu'un qui parle français, mais en même temps, on ne prendra jamais une décision qui mettra en danger nos chances d'atteindre le plus haut niveau de succès possible.»

Molson a précisé que la liste des candidats demeurera confidentielle. Interrogé au sujet de Patrick Roy, il a indiqué qu'il n'avait pas parlé à l'ancien gardien du CH, maintenant à la tête des Remparts de Québec, depuis que le Tricolore a retiré son numéro.

Le président a par ailleurs fait savoir que le nouveau d.g. aura carte blanche, à l'instar de Gauthier. Il a ajouté que c'est celui-ci qui statuera sur le sort de Randy Cunneyworth, l'entraîneur-chef par intérim du Canadien, et de ses adjoints.

«Le d.g. aura la responsabilité d'évaluer l'équipe, ce qui inclut les entraîneurs. Et il aura ensuite le loisir de procéder comme il entend», a dit Molson.

Retour à l'excellence

Molson a aussi mis beaucoup d'emphase, jeudi, sur son désir de redonner à la concession montréalaise de la LNH tout le lustre qui a fait sa légende depuis plus de 100 ans.

«Cette organisation a eu plus de succès que n'importe quelle autre dans l'histoire de la LNH. Nous avons connu de bons moments, mais nous n'avons pas été là où notre organisation doit être, c'est-à-dire parmi les meilleures», a-t-il avancé pour expliquer la raison principale qui l'a motivé à chasser Gauthier et Gainey.

Plusieurs fois durant son discours d'une dizaine de minutes, Molson a parlé de la nécessité de redonner «constance et stabilité» à l'organisation du CH, à tous les niveaux — propriétaires, dirigeants de la haute direction, personnel d'entraîneurs et joueurs.

«À Montréal, avec les partisans qu'on a, il faut toujours avoir comme objectif d'être le meilleur possible», a-t-il dit en précisant que bien plus que de viser une simple participation aux séries, il veut aspirer à la conquête de la coupe Stanley année après année. «Si on continue à bâtir une culture qui n'a pas de plus grande priorité que la victoire, on va réussir. Il faut toujours garder en tête qu'on va faire tout ce qui est possible pour avoir les meilleures performances sur la glace.

«Notre culture organisationnelle doit être basée sur une passion pour la victoire.»

Molson a même laissé entendre qu'il était prêt à faire sa part, financièrement, pour aider le Canadien à se délester de quelques hauts salariés, ou du moins les dérober aux contraintes du plafond salarial.

«La réponse à cette question viendra quand le nouveau d.g. sera en place, et qu'il aura la chance d'évaluer la situation et de déterminer quels sont nos besoins pour le futur. Mais nous ferons tout ce qui est nécessaire», a-t-il assuré.

Le congédiement de Gauthier survient à la fin de l'une des pires saisons de l'histoire du Canadien, qui occupe actuellement le 15e et dernier rang dans l'Association Est en vertu d'une fiche de 29-34-14 après 77 rencontres, pour 72 points. Le Tricolore ratera les séries éliminatoires pour la sixième fois au cours des 13 dernières campagnes. Sous la gouverne de Gauthier, qui est entré en poste le 8 février 2010 à la suite de la démission de Gainey, le club montréalais a conservé une fiche de 84-71-26.

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