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Geoff Molson a su faire vibrer la corde sensible des joueurs du Canadien

29/03/2012 04:50 EDT | Actualisé 29/05/2012 05:12 EDT

BROSSARD, Qc - Il reste à voir si Geoff Molson réussira à convertir ses belles paroles en gestes concrets, mais toujours est-il que sa promesse de redonner tout son lustre à une concession moribonde en a fait vibrer plus d'un — à commencer par Mathieu Darche et Tomas Plekanec.

Selon Darche, qui roule sa bosse dans la LNH et la Ligue américaine depuis 12 ans, Molson est l'un des meilleurs propriétaires d'équipe pour qui il ait jamais joué.

«C'est peut-être parce que je viens de Montréal et que je sais ce que ça veut dire, mais je ressentirais la même chose si j'étais dans la même position que lui», a-t-il commenté, jeudi, après que Molson eut annoncé que Pierre Gauthier et Bob Gainey avaient été relevés de leurs fonctions, et promis de redonner au Canadien son lustre d'antan.

«On peut voir que ça lui fait mal de voir l'équipe dans sa position actuelle. Quand on lui parlait cette saison, on pouvait voir qu'il n'aimait pas ça. Personne n'aime ça, mais quand tu connais l'histoire du club et la place que prend le Canadien à Montréal, tu pouvais voir que ça lui faisait mal, a souligné Darche. Et maintenant, il prend des décisions en conséquence. On a pu voir pendant son point de presse qu'il est prêt à tout pour remettre le club où il devrait être. Et c'est formidable à voir.»

Plekanec a lui aussi été ému par le discours qu'a livré Molson aux joueurs avant de s'adresser aux partisans en point de presse.

«La réunion a été pas mal émotive en ce qui me concerne. Il veut vraiment que nous fassions mieux, comme nous le voulons aussi», a dit l'attaquant tchèque, qui a lui aussi vanté la volonté de Molson d'entretenir des liens étroits avec les joueurs. «Quand il nous accompagne lors d'un voyage, il trouve toujours le temps de bavarder un peu avec nous, alors c'est toujours plaisant.»

Le désir du président du CH de ramener «constance et stabilité» au sein de l'organisation a évidemment fait plaisir aux joueurs, notamment ceux qui sont encore sous contrat pour quelques années encore. Comme Plekanec, mais aussi Josh Gorges, Andrei Markov et Brian Gionta.

«Ce qu'il a dit, c'est précisément pour cette raison que plusieurs d'entre nous avons accepté de venir ici, a noté Gionta. Il y a quelques années, il y avait la certitude que si l'équipe ne gagnait pas, rien ne serait épargné pour corriger le tir. Et que nous allions exiger de nous des standards plus élevés que la norme. Les gars sont heureux que les propriétaires, sans nous l'imposer comme une pression, mettent l'emphase là-dessus. C'est pourquoi les joueurs veulent venir ici, afin de faire partie d'une équipe gagnante et d'une organisation qui a une riche histoire. Malheureusement, nous n'avons pas répondu aux attentes cette saison.»

«C'est un beau message à recevoir, a affirmé Gorges. Nous avons toujours vu, d'ailleurs, la passion que M. Molson a pour cette équipe. Il n'est pas ici pour le plaisir, il est ici pour gagner. Il veut probablement gagner encore plus que les joueurs. Et nous avons pu le voir à la façon dont il nous a parlés ce matin. C'est bien de savoir qu'à l'avenir, les choses vont être faites de la bonne façon afin que nous puissions connaître tout le succès qu'il est possible de connaître.»

Gorges a par ailleurs fait remarquer que les figures de proue du club doivent également prendre le destin du club en mains.

«Des gars comme moi, Erik Cole, Brian Gionta, et évidemment Carey Price qui va être ici encore longtemps et d'autres, nous devons prendre sur nos épaules la responsabilité de remettre le train sur les rails, de comprendre que ce n'est pas acceptable de se retrouver dans une aussi piètre position et que les choses doivent changer, a avancé Gorges. Nous ne pouvons contrôler la composition du personnel, mais il s'agit de s'assurer que les joueurs qui sont là comprennent que nous sommes tous ici pour une seule raison. Et ceux qui ne sont pas prêts à acheter ça, et bien... Nous devons les convaincre d'embarquer, ou bien leur laisser savoir que leur façon de faire ne fonctionnera pas. Nous devrons mieux faire à ce niveau la saison prochaine.»

«On ne peut pas blâmer une seule personne, a déclaré Markov. Nous sommes tous dans le même bateau et c'est à nous de tout faire pour connaître une meilleure saison l'an prochain. Il faut en tirer les leçons qui s'imposent et aller de l'avant.»

Réactions aux drôles de décisions

La saison 2011-12 a donné lieu, on le sait, à des décisions qui ont été perçues comme bizarres, du moins en ce qui a trait aux moments choisis pour les prendre. Perry Pearn a été congédié peu avant un match et Jacques Martin, quelques heures avant une rencontre du samedi soir. Michael Cammalleri, lui, a été échangé entre deux périodes.

Des joueurs du CH ont reconnu à mots couverts que c'étaient là des événements qu'on ne voit pas souvent dans la LNH, mais ils étaient tous d'avis qu'il n'y avait aucune raison de se laisser déranger par ceux-ci.

«Ce ne sont pas nécessairement des distractions. Quand tu te rends jusqu'à ce niveau-ci, tu as déjà appris à bien composer avec bien des choses, a déclaré Gionta. Ce sont peut-être des gestes qu'on ne voit pas souvent, mais ce n'est pas à nous de s'en faire avec ça.

«Nous devons avoir une attitude professionnelle et quand même faire notre travail. Notre travail, c'est de disputer des matchs, pas de diriger ou de remettre en question des décisions.»

«On ne peut pas être si fragiles, a quant à lui commenté Darche. Si on l'est, c'est qu'on n'est pas prêt à affronter l'adversité comme il se doit. Il ne faut pas se le cacher, dans la Ligue nationale, à Montréal surtout, on sait que ça crée des remous. Et si tu ne peux pas composer avec ça, tu n'es pas équipé pour jouer à Montréal et il faut que tu t'arranges pour changer ça. C'étaient des situations différentes, mais notre travail est de jouer au hockey. On n'a pas fait du travail qui était assez bon à ce niveau et c'est pourquoi on se retrouve en aussi mauvaise position en ce moment.

«Il faut juste se soucier de ce qu'on contrôle. Ce qu'on contrôle, c'est la manière dont on joue et le comportement des joueurs dans le vestiaire. Il y a des équipes où les joueurs ne sont peut-être pas contents, mais ils se rassemblent et réussissent à connaître du succès quand même», a ajouté Darche.

«C'est sûr que ce qui est arrivé cette saison est particulier, et ç'aurait été particulier pour n'importe quelle équipe. Mais quand ça arrive à Montréal, c'est pas mal amplifié. C'est d'ailleurs ce qui rend Montréal si fantastique — la pression des amateurs, la présence des médias et l'omniprésence du Canadien dans la ville. C'est à nous de s'assurer que ce soit là quelque chose de positif.»

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