POLITIQUE

Budget Flaherty: les environnementalistes sont amèrement déçus

29/03/2012 05:56 EDT | Actualisé 29/05/2012 05:12 EDT
Capture d'écran

MONTRÉAL - Dire que les groupes environnementaux ont été déçus des mesures figurant dans l'exercice financier déposé jeudi par Jim Flaherty est un euphémisme.

La seule mesure intéressante de ce premier budget déposé par le gouvernement conservateur majoritaire de Stephen Harper? L'abolition du sou noir, qui permettra d'économiser du métal, a estimé le porte-parole d'Équiterre, Steven Guilbeault.

«Encore cette année, les conservateurs trouvent d'autres façons de compromettre la qualité de l'environnement au Canada et la santé des Canadiens au profit des grandes entreprises et de leurs amies, les pétrolières de l'Alberta», a-t-il laissé tomber en entrevue téléphonique quelques minutes après le dépôt du budget.

M. Guilbeault a dénoncé la décision prise par le gouvernement d'accélérer les processus d'examen environnemental des grands projets, alors même que l'entreprise Enbridge fait la promotion de l'oléoduc Northern Gateway, long de 1170 kilomètres, qui relierait l'Alberta au nord-ouest de la Colombie-Britannique.

«On va de plus en plus hypothéquer la capacité de la population et des organisations environnementales de poser des questions, de comprendre les impacts et même d'améliorer la qualité des projets qui sont présentés.»

«Tout ça au nom du profit à tout prix», s'est désolé Steven Guilbeault.

L'environnementaliste voit aussi d'un très mauvais oeil l'abolition de la Table ronde nationale sur l'environnement et l'écologie, une organisation dont le mandat était de trouver des façons de concilier les considérations environnementales et économiques.

Le fait que l'organisation ait récemment publié des rapports entourant les changements climatiques et la nécessité de mettre un prix sur le carbone n'est probablement pas étranger à cette décision, a-t-il suggéré.

«La table ronde, ce n'était pas un repaire d'écologistes! L'ancien président est un haut dirigeant d'une compagnie pétrolière. Preston Manning a déjà fait partie des personnes qui étaient sur cette table ronde-là.»

Les organisations écologistes pensaient bien avoir atteint le fond du baril ces dernières années, mais ils ont constaté jeudi que le baril était sans fond, a plaidé M. Guilbeault.

Les mesures comprises dans cet exercice financier — le premier que déposent les conservateurs depuis qu'ils ont accédé à la majorité à la Chambre des communes — ont également été décriées par l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA).

«Le gouvernement Harper fait preuve d'obsession, voire d'acharnement dans les coupes qu'il impose à Environnement Canada», a plaidé dans un communiqué André Bélisle, président de l'AQLPA.

Pour sa part, l'organisation environnementale Greenpeace a également mal digéré la révision des processus d'examen environnemental pour les projets d'envergure.

«Changer les règles pour privilégier les pétrolières et les projets qui suscitent la grogne de sa propre population est un affront à la démocratie», a réagi Nicolas Mainville, porte-parole de la succursale canadienne de Greenpeace.

«Avec le budget d’aujourd’hui, le gouvernement Harper a décidé de retirer ce droit à sa population plutôt que de faire face à un véritable débat public sur les conséquences néfastes des industries polluantes», a-t-il écrit dans un communiqué.