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Le DGE témoigne devant un comité parlementaire au sujet des appels trompeurs

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MARC MAYRAND ROBOCALL ELECTIONS CANADA
Le directeur général des élections (DGE), Marc Mayrand. (Photo PC) | CP

OTTAWA - Élections Canada a qualifié jeudi de «scandaleuse» la possibilité que des appels trompeurs aient été logés pendant la dernière campagne électorale fédérale, révélant du même souffle que les enquêteurs étudiaient 800 plaintes à ce sujet.

Devant un comité parlementaire à Ottawa, le directeur général des élections (DGE), Marc Mayrand, a insisté sur l'importance que son bureau accorde à l'affaire.

«Je crois que c'est tout à fait scandaleux. Que ces gestes aient été organisés, que l'affaire soit plus grosse qu'on le pense, peu importe. Le fait est que des électeurs — ceux du comté de Guelph, du moins — ont été mal informés par des appels trompeurs logés au nom d'Élections Canada. C'est scandaleux, ça ne devrait pas être toléré», a lancé M. Mayrand, avant d'ajouter que l'affaire était «tout à fait inacceptable dans une société démocratique.»

Par souci de justice et de discrétion, le DGE n'a pu fournir de détails spécifiques à propos de l'enquête, mais il a tout de même présenté de nouvelles informations.

Les 800 plaintes reçues viennent de 10 provinces et un territoire. Elles concernent 200 circonscriptions, et le commissaire aux élections fédérales a ouvert 250 dossiers, diverses plaintes pouvant être regroupées dans un seul document.

Les conservateurs ont d'abord réagi à l'affaire en reconnaissant le nombre important d'allégations dans le seul comté de Guelph, en Ontario. Les électeurs y ont reçu des appels trompeurs de la part d'un individu du nom de Pierre Poutine.

Le DGE a par la suite reçu des centaines de plaintes de la part d'électeurs affirmant avoir reçu des appels les avisant erronément que leur bureau de scrutin avait déménagé. D'autres indiquent avoir entendu le téléphone sonner en pleine nuit et avancent que les interlocuteurs, qui s'identifiaient comme des libéraux, tenaient des propos agressifs.

Devant le comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre, jeudi, les conservateurs ont attiré l'attention sur l'exactitude réelle de la liste électorale au moment des élections du 2 mai dernier. Ils ont également insisté sur le fait que 14 pour cent des adresses de cette liste peuvent être erronées le jour du vote.

Les partis politiques comparent leurs propres bases de données, qui incluent des numéros de téléphone, à la liste électorale d'Élections Canada, qui contient seulement les noms et les adresses des citoyens. Il arrive souvent que les candidats et leurs équipes appellent leurs partisans le jour du scrutin afin de les encourager à aller voter.

«Ce qui me frappe, ce que je me demande, c'est s'il y a une possibilité qu'il y ait un problème répandu quand vient le temps de trouver où habitent certaines personnes afin de communiquer avec elles», a demandé le député conservateur Scott Reid.

En réponse, M. Mayrand a indiqué que le fait de diriger un électeur vers le mauvais bureau de scrutin n'expliquait pas que certaines personnes aient pu recevoir des appels de gens se faisant passer pour des représentants d'Élections Canada.

Élections Canada n'appelle pas les électeurs pour les aviser que leur bureau de scrutin a été déplacé. M. Mayrand a précisé que les partis politiques savent que la tâche d'informer les citoyens à ce sujet incombe à Élections Canada, et non aux partis politiques.

Interrogé par le secrétaire parlementaire Dean Del Mastro à propos d'allégations voulant qu'Élections Canada ait fourni de l'information aux médias à propos de l'enquête, M. Mayrand a réagi vivement.

«Une autre allégation imprécise. Non, mais sérieusement, sérieusement, encore une fois, il n'y a pas de source qui fournit de l'information à propos d'Élections Canada, si c'est ce dont on nous soupçonne. Je peux vous le garantir», a-t-il martelé. «Certains d'entre vous devraient vérifier leurs sources.»

La députée conservatrice Laurie Hawn a qualifié l'affaire, ainsi que l'attention médiatique qu'elle suscite, de «cirque». Elle a insisté sur le fait que plusieurs plaintes ont été déposées bien après l'élection. «C'est ce qui me préoccupe le plus, ce cirque, et c'est un cirque. Ça n'a rien apporté, si ce n'est que d'atténuer la confiance des Canadiens envers le système», a-t-elle déclaré.

Interrogé au sujet des proportions qu'a prises l'affaire, M. Mayrand a offert une réponse claire. «Je crois que c'est un sujet très sérieux, et honnêtement, je suis content de voir que les Canadiens sont préoccupés. C'est essentiel afin de garantir la manière dont nous dirigeons notre pays», a-t-il dit.

«Ça touche les bases fondamentales de notre démocratie (...) la façon dont nous élisons nos représentants. Je ne crois pas qu'il y ait rien de plus important que cela dans nos institutions démocratiques.»

M. Mayrand s'exprimait ainsi publiquement pour la première fois depuis que des allégations d'appels trompeurs ont été formulées à l'endroit du Parti conservateur.

Le DGE y voit une occasion d'expliquer le travail effectué par son bureau et la manière dont il mène les enquêtes comme celle qui est en cours. Plus tôt ce mois-ci, il avait écrit une lettre dans laquelle il proposait de se présenter devant un comité parlementaire pour faire le point sur les processus d'enquête à la DGE.

Le moment choisi pour que M. Mayrand témoigne devant le comité a soulevé bien des questions. Le dépôt du budget fédéral retenait jeudi toute l'attention de la colline parlementaire. Le président du comité, le député conservateur Joe Preston, a expliqué qu'on n'avait pas pu trouver une autre fenêtre pour le témoignage de M. Mayrand.

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