Air Canada veut que les employés d'Aveos soient rembauchés

Air Canada

Première Publication: 29/03/2012 09:53 Mis à jour: 29/03/2012 18:40

MONTRÉAL - Le président et chef de la direction d'Air Canada (TSX:AC.B), Calin Rovinescu, a affirmé jeudi que le transporteur montréalais ne pouvait pas être blâmé pour la fermeture de la firme de maintenance d'appareils Aveos, et il a dit espérer que les employés remerciés parviennent à se trouver du travail au sein d'autres entreprises.

M. Rovinescu a indiqué devant un comité parlementaire à Ottawa, jeudi, que la compagnie — auparavant une filiale d'Air Canada — avait échoué parce qu'elle n'avait pas été en mesure d'attirer des clients additionnels afin de diversifier ses sources de revenus.

Le plus important transporteur aérien au Canada a dépensé plus de 440 millions $ avec Aveos lors des 14 mois ayant précédé sa fermeture, attribuant 91 pour cent de ses tâches de maintenance au fournisseur privé.

Bien qu'Aveos lui doive 35 millions $, Air Canada a versé 15 millions $ dans un fonds d'urgence afin de venir en aide à son ancienne filiale dans le cadre du processus de restructuration que celle-ci menait sous la supervision de la cour.

M. Rovinescu a estimé qu'Aveos avait subi des pertes d'exploitation pendant des années en raison d'une lourde structure de coûts et de son incapacité à être concurrentielle au niveau des coûts.

«En fin de compte, leur décision malheureuse de mettre un terme à leurs activités reflète ces échecs et ne résulte aucunement de quelque geste que ce soit posé ou non par Air Canada», a déclaré M. Rovinescu.

Depuis la fermeture d'Aveos, plus tôt ce mois-ci, Air Canada a confié des appareils à des entreprises au Canada et aux États-Unis, parmi lesquelles deux entreprises d'entretien québécoises.

La compagnie a également eu des discussions avec des sociétés d'entretien, canadiennes et étrangères, au sujet des occasions d'affaires au Canada.

Le plus important transporteur aérien du Canada a précisé que de nombreux employés qualifiés étaient disponibles à Montréal, Winnipeg, Toronto et Vancouver.

La société montréalaise a dit qu'elle préférerait faire affaire avec des entreprises actives au Canada, pour éviter d'avoir à envoyer ses avions à l'étranger.

M. Rovinescu a aussi affirmé au comité qu'il éprouvait beaucoup de sympathie pour les 2600 employés qui ont perdu leurs emplois quand Aveos a soudainement fermé ses portes.

Il a ajouté qu'Air Canada se conformait à la Loi sur la participation publique au capital d'Air Canada en gérant ses propres activités d'entretien au pays.

Les employés d'Aveos tentent quant à eux de prouver que cette loi contraint la compagnie aérienne à garder les emplois d'entretien au Canada. La loi ne précise pas qui doit effectuer le travail.

Une membre néo-démocrate du comité, Olivia Chow, a indiqué à M. Rovinescu que les employés se sentaient trahis par la décision d'Air Canada de mettre fin à ses activités d'entretien au Canada et par le transfert de ses employés chez Aveos il y a plusieurs mois.

La majorité conservatrice a rejeté la proposition de l'opposition officielle, qui souhaitait convoquer le chef de la direction d'Aveos devant le comité.

La compagnie a jusqu'ici refusé de témoigner et d'expliquer comment ses activités s'étaient tellement détériorées.

Pierre Poilievre, secrétaire parlementaire du ministre des Transports, a affirmé que le gouvernement n'avait aucune intention d'établir un plan de sauvetage pour Aveos car, a-t-il dit, la compagnie a fait faillite après avoir gaspillé 1 milliard $ en cinq ans.

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Publié par Patrick White  |