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Les forces syriennes sèment la destruction à Saraqeb: au moins 40 morts

28/03/2012 01:47 EDT | Actualisé 28/05/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Des militants syriens ont appelé mercredi les organisations humanitaires internationales à se rendre d'urgence à Saraqeb, une ville du nord de la Syrie où les forces de sécurité ont tué, selon eux, plus de 40 personnes au cours des quatre derniers jours.

Les Comités locaux de coordination font état de la présence de nombreux corps non identifiés et de blessés dans les rues de Saraqeb. Ils précisent que l'armée syrienne a lancé dimanche une vaste offensive contre la ville, semant la mort et la destruction.

Selon les Comités locaux de coordination et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), des centaines d'habitations et de commerces ont été pillés et brûlés, ce que semblent confirmer des images vidéo tournées à Saraqeb. L'armée syrienne a repris le contrôle de la localité, selon un militant.

La ville de Saraqeb, située sur l'autoroute principale qui relie Damas à Alep, dans le nord du pays, est le plus récent bastion de l'opposition à succomber à la puissance de feu des forces gouvernementales.

Des militants ont par ailleurs rapporté des affrontements mercredi entre les forces gouvernementales et les rebelles dans le centre, l'est et le sud du pays.

Au moins quatre civils, quatre soldats et cinq déserteurs de l'armée ont été tués dans la ville de Qalaat al-Madiq et les localités environnantes, dans le centre du pays, d'après les militants. Les troupes gouvernementales poursuivent leur avancée et resserrent l'étau sur les rebelles, ont-ils dit. La ville, située dans la province de Hama, est pilonnée à l'arme lourde depuis plusieurs jours. Le château historique de la ville n'a pas été épargné, selon les militants.

«Les gens fuient leur maison et plusieurs ne savent même pas quelle direction prendre», a dit un militant de la région qui s'est identifié sous le prénom d'Ammar.

«Les forces du régime ont déplacé de force un grand nombre de familles de militants et ont brûlé et pilonné environ 300 maisons. Ils ont aussi pillé et mis le feu à la plupart des commerces», affirment les Comités locaux de coordination dans un communiqué.

L'OSDH a confirmé ces informations et a précisé que la plupart des résidants de la ville avaient fui avec les rebelles.

Ailleurs dans le pays, trois soldats ont été tués lors d'affrontements avec des rebelles dans la province de Homs, dans le centre du pays, selon l'OSDH. Les incidents ont commencé quand les forces gouvernementales ont tenté de pénétrer dans la ville de Rastan, toujours contrôlée par des déserteurs.

Des affrontements ont également eu lieu mercredi dans la province de Deir el-Zour, à la frontière avec l'Irak. Les forces du régime ont aussi tiré à l'arme lourde dans la ville de Homs.

L'agence de presse syrienne SANA a déclaré que des «terroristes armés» avaient tendu une embuscade à un général de l'armée dans la province d'Alep et l'avaient tué par balle.

Les violences se poursuivent donc sur le terrain, bien que Damas ait accepté mardi le plan de paix présenté par l'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe, Kofi Annan.

Les pays de la Ligue arabe, qui se réunissent en sommet jeudi à Bagdad, comptent demander à la Syrie de cesser la répression contre les civils, de laisser entrer les organisations humanitaires sur son sol et de libérer les détenus, selon des recommandations émises mercredi par leur ministre des Affaires étrangères à la Ligue.

Mardi, le coordonnateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, a déclaré que le conflit en Syrie avait fait plus de 9000 morts. La précédente estimation, donnée il y a deux semaines par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, faisait état de plus de 8000 morts depuis le début de la contestation en Syrie, en mars 2011.

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