Mohamed Merah: son père nie vouloir poursuivre la France en justice

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MOHAMED MERAH PERE POURSUITE FRANCE
Le père de Mohamed Merah nie vouloir poursuivre la France en justice. | AP

ALGER, Algérie - Mohamed Benalel Merah, père de l'auteur présumé des tueries de Toulouse et de Montauban, a nié mercredi vouloir poursuivre la France en justice.

«Je n'ai pas dit que je vais poursuivre en justice l'État français, mais je suis triste de la manière dont mon fils a été tué», a-t-il déclaré à plusieurs journaux algériens parus mercredi.

Le président français Nicolas Sarkozy a déclaré mardi son «indignation» après la menace du père de Mohamed Merah de porter plainte contre la France, qualifiant de «monstre» le responsable présumé de sept meurtres, tué jeudi dernier par la police.

«Je ne demande que la restitution du corps de mon fils pour l'enterrer ici en Algérie. Je n'ai pas l'intention de poursuivre la France, mais je n'admets pas que les services de sécurité français, avec tous les moyens dont ils disposent, n'aient pas pu le capturer vivant», a affirmé Mohamed Benalel Merah au journal «El Khabar».

«J'aurais aimé qu'il soit arrêté et traduit en justice. Qu'il soit condamné à 15 ou 20 ans de prison, l'essentiel est qu'il ne soit pas tué de cette manière», a-t-il déploré.

«Il aurait fallu l'arrêter et enquêter avec lui, peut-être qu'il leur aurait fourni des informations. Peut-être que ce n'est pas lui qui a tué. En tuant mon fils, les services français ont perdu des preuves et moi mon fils», a-t-il ajouté.

En réponse au ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, qui a déclaré qu'à sa place, il se «tairait dans la honte», Mohamed Benalel Merah a répondu: «Comment veut-il que je me taise? Je ne me tairai pas. C'est mon fils qui a été tué. Et si c'était le fils de Sarkozy, celui-ci se tairait-il?»

Interrogé par le journal sur le lieu de l'enterrement de son fils, il a expliqué qu'il souhaitait qu'il soit enterré au cimetière familial, près de Médéa, à 91 kilomètres au sud d'Alger.

Dans un long entretien accordé au journal «Echourouk», le père de Mohamed Merah affirme que son fils a fréquenté une école coranique à Mouzaia, au sud d'Alger, lors d'une de ses visites au pays, et qu'il avait même tenté de rejoindre une confrérie religieuse à Tizi Ouzou, en Kabylie, avant de se rétracter pour des raisons de sécurité.

«Il ne ratait jamais les prières, il avait toujours avec lui un exemplaire du Coran, son rêve était de partir à La Mecque. Il était un bon élève», a-t-il dit.

Il a démenti les informations selon lesquelles son fils aurait séjourné en Afghanistan et au Pakistan. «Je déments toutes les informations colportées au sujet de mon fils, notamment celle du ministre français de l'Intérieur» selon lesquelles il appartenait à une organisation salafiste du nord de la France.

Selon lui, son fils «n'a aucun précédent judiciaire». Avant les trois fusillades de Toulouse et de Montauban, le suspect avait pourtant été condamné à une quinzaine de reprises quand il était mineur, selon le procureur de Paris, François Molins.

Mohamed Benalel Merah considère également que son fils Abdelkader, mis en examen et placé en détention provisoire, «n'a aucun lien avec l'affaire».

Pour l'avocat de Mohamed Merah, Me Christian Etelin, «le père se manifeste maintenant avec une certaine autorité et une arrogance absolument surprenante et inadmissible lorsqu'il dit qu'il va faire un procès à la France. Il se manifeste comme père une fois que son enfant est mort alors qu'il ne s'en est jamais occupé de manière sérieuse lorsqu'il était vivant».

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