L'opposition presse Charest de recourir au tribunaux pour Aveos

Pauline Marois

Première Publication: 28/03/2012 10:55 Mis à jour: 29/03/2012 14:55

QUÉBEC - Le syndicat des travailleurs d'Aveos et le gouvernement du Québec se sont engagés dans un dialogue de sourds, mercredi, concernant les recours juridiques qui pourraient empêcher la fermeture d'ateliers d'entretien utilisés par Air Canada.

Des représentants de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale (AIMTA) ont enjoint le premier ministre Jean Charest à passer à l'action.

Mais deux ministres ont répondu que ce sont les syndiqués qui doivent amorcer la démarche devant les tribunaux, pour qu'ensuite le gouvernement se joigne à eux.

Pendant ce temps, les 2600 employés d'Aveos, un sous-traitant d'Air Canada, ont découvert que leur dernière paie, attendue mercredi, ne leur avait pas été versée.

Après avoir manifesté sur la colline parlementaire à Ottawa en début de semaine, les représentants syndicaux de l'atelier de Montréal, où 1800 personnes ont été mises à pied, sont revenus à Québec pour la deuxième fois en une semaine.

Lors d'une conférence de presse en présence de la chef péquiste Pauline Marois, le président-directeur général du local 140 de l'AIMTA, Jean Poirier, a réclamé que Québec dépose une injonction qui empêcherait le démantèlement des ateliers de maintenance et forcerait Air Canada à reprendre les activités de son sous-traitant.

M. Poirier a rappelé que le gouvernement a appuyé une motion du Parti québécois affirmant qu'il prendra tous les moyens juridiques pour sauver leurs emplois.

«Moi quand j'étais ici la semaine passée, c'était pas pour avoir une tape dans le dos, c'était pour qu'il y ait des agissements, a-t-il dit. Là présentement on est en train, je dirais, de jouer une petite 'game' pour dire que 'l'union' veut pas embarquer là-dedans.»

M. Poirier a déclaré que le syndicat se joindrait à un éventuel recours du gouvernement du Québec contre Air Canada ou le gouvernement fédéral.

Les avocats de l'AIMTA sont d'avis que le gouvernement est le mieux placé pour s'avancer devant les tribunaux, puisque les syndiqués seraient rapidement déboutés.

Les travailleurs croient que le Québec pourrait faire comme le Manitoba, qui a réussi à empêcher Air Canada de fermer des centres d'appels grâce à une poursuite judiciaire.

Lors d'un point de presse, le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, a soutenu que les avocats du gouvernement sont d'avis que ce sont les syndiqués qui doivent ouvrir les hostilités.

«Les avis juridiques que nous avons nous amènent à mener des échanges avec le syndicat pour qu'ils soient de la partie parce que ce sont eux qui sont directement concernés», a-t-il dit.

La semaine dernière, Aveos a brutalement annoncé la fermeture de ses ateliers. Selon les employés, une loi fédérale oblige Air Canada à faire entretenir et réviser ses avions dans trois villes canadiennes, dont Montréal.

Air Canada était le principal client d'Aveos et plusieurs de ses employés d'entretien travaillaient auparavant pour le transporteur aérien.

Le ministre du Développement économique, Sam Hamad, a quant à lui expliqué que les travailleurs étaient les mieux placés pour se lancer dans l'arène juridique, puisqu'ils sont les principaux lésés par la fermeture d'Aveos.

«Actuellement, le gouvernement n'est pas un intervenant direct dans l'affaire, a-t-il dit lors d'un point de presse. L'aspect économique, fiscal, n'est pas un intérêt direct pour le gouvernement du Québec.»

Mme Marois a exprimé son incompréhension, soulignant que la fermeture d'Aveos aura un impact important pour le Québec.

«Le gouvernement a un intérêt direct à cet égard, a-t-elle dit. D'abord, un, il va aller chercher des profits sur les entreprises, s'il y en a. Et ces travailleurs-là paient des impôts.»

Sans exclure l'éventualité d'un recours juridique, M. Hamad a affirmé qu'il avait l'assurance que le démantèlement des ateliers ne sera pas commencé prochainement, ce qui a fait bondir Marcel St-Jean, président de la section locale 1751 de l'AIMTA, lors de la conférence de presse.

«Si on dit qu'il n'y a pas de liquidation en ce moment, ce n'est pas vrai, a-t-il dit. Il y a des moteurs qui sont sortis du centre des moteurs, (...) il y avait des camions avec des lifts qui sortaient du stock.»

À Ottawa, Aveos a refusé de se présenter devant un comité des Communes, prétextant qu'elle est présentement sous la protection du tribunal afin de parvenir à un arrangement avec ses créanciers.

Le ministre fédéral des Transports, Denis Lebel, a déclaré cette semaine que la fermeture d'Aveos est une décision d'affaires impliquant deux entreprises privées et que le gouvernement n'envisage aucun plan de sauvetage.

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QUÉBEC - Le syndicat des travailleurs d'Aveos et le gouvernement du Québec se sont engagés dans un dialogue de sourds, mercredi, concernant les recours juridiques qui pourraient empêcher la fermet...
Publié par Jean-Philippe Cipriani  | 
 
 
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Le Kwisatz Haderach
There is no power without brain power.
01:58 sur 30/03/2012
On a tellement hate de vous avoir au pouvoir Mme Marois. Apres 10 ans, on a bien hate d'etre dans le camp des chialeux nous aussi. Nos habitués vont realiser que c'est beaucoup plus facile chialer, ca ne demande pas trop d'effort.

:O)
06:46 sur 29/03/2012
Bizarre cette affaire! Pourquoi le syndicat demande au gouvernement québécois - la sempiternelle mamelle étatique - de demander une injonction à leur place? Qu'il demande au plus c...........une injonction pour obliger Air Canada - compagnie de broche à foin - de respecter la loi et forcer le fédéral. Est-ce que le président du syndicat joue une "game"?
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01:24 sur 29/03/2012
C'est quand même assez hallucinant que le gouvernement fédéral ne fasse rien pour rappeler a l'ordre une compagnie qui ne respecte pas la loi et que celui-ci désire incarcérer de petit délinquants d'age mineur
15:02 sur 28/03/2012
Je suis en désaccord avec M. Poirier.... Charest ressemble plus à une petite brebis
12:10 sur 28/03/2012
Il y a une solution simple, le gouvernement du Québec pourrait partir sa propre compagnie de maintenance d'avion!

De sorte, lorsque le Québec ce séparera et que nous aurons notre propre compagnie aérienne, nous aurons déjà une place pour les faire réparer.

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De plus, même si l'entreprise n'est pas rentable, ce n'est pas grave... on est habituer aux déficits.
[/Sarcasm OFF]
12:55 sur 28/03/2012
Sarcasme ou pas, votre commentaire biaisé et sans substance ne fait que confirmer ce que pensent beaucoup de monde des gens comme vous. Vous n'apportez rien au débat, taisez-vous donc plutôt que d'écrire des âneries.
14:02 sur 28/03/2012
Que proposez-vous... Que l'on ajoute à la dette, car une compagnie privé n'est pas rentable?

Que l'on re-nationalise une compagnie qui n'est pas rentable?
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Le Kwisatz Haderach
There is no power without brain power.
01:59 sur 30/03/2012
La grosse projection a l'oeuvre! Ironique comme commentaire.
06:56 sur 29/03/2012
Encore une solution simple: le GOUVERNEMENT. Plutôt pourquoi les employés - ouvriers super spécialisées en entretien avionique ( non, "maintenance", terme anglais) ne créent-t-ils pas leur propre entreprise québécoise? Il y a du travail dans le domaine. Ils deviendraient vite international. À ce moment, il pourrait y avoir de l'aide gouvernementale.
Arrêtons de tout vouloir nationaliser. Prenons nous en main par la création d'emplois; investissons dans notre savoir-faire.
13:51 sur 29/03/2012
Bonne idée.

Mais la question est: est-ce que les employés sont prêt à prendre des risques et faire des sacrifices?
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Francmon
Homo homini lupus
12:08 sur 28/03/2012
Aller en cour pour obtenir autre chose qu'une injonction qui empêcherait Aveos de liquider immédiatement la compagnie risque d'être une perte de temps. Si aucun juriste ne daigne se prononcer sur la loi de 1988 qui "protège" les ateliers d'entretien des avions de AC, c'est qu'il y a anguille sous roche...
Il y aurait une autre loi "secrète" que ça ne me surprendrait pas: sinon pourquoi le refus des Conservateurs de s'impliquer, sous prétexte que AC est une compagnie privée, de même que Aveos?!? Pourquoi le syndicat des enployés de Aveos n'intente-il pas un recours devant les tribunaux, en se servant de la loi de 1988? Si cette loi est si claire, pourquoi personne ne l'invoque?
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Pierre Deruelle
pierre m de ruelle
13:54 sur 28/03/2012
Etant donne que c'est Air Canada qui est legalement tenue responsable de respecter les lois lui demandant d'effectuer l'entretien de sa flotte dans les villes touchees par cet imbroglio de M.... pourquoi ce syndicat n'a pas demande une injonction envers Air Canada.?
pierre m de ruelle
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Francmon
Homo homini lupus
14:03 sur 28/03/2012
C'est la question qui doit être posée et, en l'absence d'une réponse claire de la art des syndicats, il faudra creuser pour savoir ce que l'on nous cache.
14:04 sur 28/03/2012
Est-ce que la loi identifie les villes on la maintenance dois être faites? Pour une raison ou une autre, je croyais que la seul restriction était que la maintenance soit faites au Canada.

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Quelque choses à recherché ce soir...