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Tueries de Toulouse: Nicolas Sarkozy tient un nouveau discours de fermeté

27/03/2012 02:44 EDT | Actualisé 27/05/2012 05:12 EDT

PARIS - Le président français Nicolas Sarkozy a tenu un nouveau discours de fermeté mardi après les fusillades sanglantes de Toulouse et de Montauban. «Ceux qui ont tenu des propos infamants» contre la France ne seront pas autorisés à entrer sur le territoire, a-t-il affirmé, évoquant notamment les prédicateurs islamistes.

Le président a par ailleurs demandé aux chaînes de télévision de «ne diffuser sous aucun prétexte» les images filmées par Mohamed Merah, l'auteur des tueries.

Al-Jazira a reçu lundi à son bureau de Paris une copie des images filmées par Mohamed Merah alors qu'ils commettait ses assassinats, contenues dans une clé USB. La chaîne a annoncé mardi qu'elle ne diffuserait pas les images.

Recevant à l'Elysée les forces de l'ordre et les magistrats ayant participé aux opérations à Toulouse, le président Sarkozy a voulu aller encore plus loin que les mesures qu'il avait annoncées le 22 mars, jour de la mort du tueur.

«Tout ceux qui ont tenu des propos infamants contre la France ou contre les valeurs de la République ne seront pas autorisés à entrer sur le territoire. La France n'a pas vocation à accueillir ceux qui enfreignent ses valeurs», a-t-il martelé.

Nicolas Sarkozy a expliqué être «intervenu directement pour que des prédicateurs qui prennent notre système de valeurs pour cible permanente restent chez eux. Nous n'en voulons pas sur le territoire de la République française!».

La veille, il avait notamment annoncé que Youssef Al-Qaradaoui, un célèbre prédicateur du Qatar qui devait participer à une réunion en France, n'était «pas le bienvenu sur le territoire de la République».

Le chef de l'État a aussi demandé à la Direction centrale du renseignement intérieur «de vérifier de façon approfondie la situation sur notre territoire de toute personne signalée comme représentant un risque potentiel pour la sécurité nationale».

Revenant sur les mesures annoncées la semaine dernière, il a rappelé sa volonté de «créer un délit de consultation habituelle de sites Internet qui font l'apologie d'actes terroristes et qui peuvent aider à les commettre».

Le texte devrait être examiné prochainement en conseil des ministres, mais il ne pourra être soumis au Parlement qu'après l'élection présidentielle, a-t-il admis lundi sur France Info.

Le président a également fait part de son «indignation» après les informations selon lesquelles le père de Mohamed Merah entendait porter plainte contre la France pour la mort de son fils.

«Faut-il rappeler à cet homme que son fils a filmé ses crimes et pris le soin diabolique de faire parvenir ces images ignobles à une chaîne de télévision?» a dit M. Sarkozy.

Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a lui aussi condamné fermement cette attitude. «Si j'étais le père d'un tel monstre, je me tairais dans la honte», a-t-il déclaré sur la chaîne Public Sénat et sur Radio Classique.

«Je soutiens et j'assume la totalité des décisions qui ont été prises au cours de cette affaire», a par ailleurs affirmé Nicolas Sarkozy. «Ceux qui sont présents aujourd'hui (mardi à l'Elysée, NDLR) connaissent le poids de cette responsabilité, les autres ne font qu'en entendre parler, c'est une immense différence», a-t-il fait remarquer, en dénonçant les «polémiques».

«La France était encore glacée d'effroi par la cruauté de ces crimes que certains décidaient de courir les plateaux et de battre les estrades pour dénoncer le travail des forces de l'ordre», a-t-il critiqué.

D'anciens membres des forces de l'ordre et plusieurs candidats à la présidentielle se sont interrogés publiquement sur le déroulement des opérations et du siège de Mohamed Merah à Toulouse.

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