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Une professeure suspendue pour avoir reconnu le droit de grève de ses étudiants

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 Liette Yergeau a reçu une suspension de deux jours sans solde pour avoir reconnu le mandat de grève de l’Association étudiante de l’établissement.
Liette Yergeau a reçu une suspension de deux jours sans solde pour avoir reconnu le mandat de grève de l’Association étudiante de l’établissement.

Une professeure au Conservatoire de musique de Montréal, Liette Yergeau, a reçu une suspension de deux jours sans solde pour avoir reconnu le mandat de grève de l’Association étudiante de l’établissement et, surtout, pour avoir manqué de loyauté envers la position officielle du Conservatoire. Une mesure que dénoncent les étudiants.

«On pense que c’est un geste qui relève de l’intimidation de la part de la direction», dit le vice-président de l’Association étudiante du Conservatoire de musique de Montréal (CMM), Alexis Raynault.

Une opinion partagée par le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Léo Bureau-Blouin. «C’est une réaction surévaluée de la part de l’établissement,estime-t-il. Et c’est une décision beaucoup trop importante pour ne pas la dénoncer.»

Absence non motivée
Le mandat de grève du CMM a été voté le 19 mars. Toutefois, la direction générale du Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec a décidé, dans un communiqué le 20 mars, d’imposer les pénalités habituelles d’absence au cours, soit «une absence non motivée», aux étudiants grévistes.

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Une position qui a choqué les étudiants en grève. «C’est une situation assez nouvelle pour notre établissement de voir des associations voter un mandat de grève, explique Alexis Raynault. Notre grève est légale et légitime.»

Malgré la directive du Conservatoire, la professeure Yergeau a fait savoir qu’elle ne se soumettrait pas, via une note envoyée aux étudiants, le 13 mars -- reconnaissant par le fait même la légalité du mandat de grève du CMM.

«Durant tout le temps le temps de la grève, j’ai l’obligation de donner tous mes cours. Cependant, comme la grève étudiante est légale, je ne pénalise pas les absences durant toute la grève […|. Lorsque la grève légale sera terminée, nous prendrons arrangement en toute équité», dit-elle à ses étudiants.

Deux jours plus tard, la direction générale décidait de sévir. «Il s’agit d’un geste déplorable qui constitue une violation sérieuse et importante de votre obligation de loyauté d’autant plus que vous occupez un poste de confiance au sein de l’organisation», écrit le directeur général Nicolas Desjardins, évoquant même la possibilité de congédiement si d’autres mesures disciplinaires étaient nécessaires dans sa lettre.

Une vague d’appuis
Sur le site du CMM, les réactions ont été nombreuses. «Si elle est allée à l’encontre de vos instructions, avez-vous pensé que c’était peut-être parce que les instructions allaient à l’encontre du bon sens?», dénonce Valérie Harvey.

«Ce geste de M. Nicolas Desjardins et inadmissible. Les étudiantes ont voté démocratiquement pour la grève et c’est un signe de respect envers eux que de refuser d’aller enseigner. Mme Yergeau vous êtes courageuse, je suis de tout cœur avec vous», signe Céline Demers, enseignante au cégep du Vieux-Montréal.

Le vice-président du CMM a fait savoir que même si le Conservatoire relève du ministère de la Culture, et non du ministère de l’Éducation, les étudiants en musique ont décidé de s’impliquer dans le débat au nom de l’accessibilité aux études et, surtout, de dénoncer la hausse des frais qu’ils subiront dans les prochaines années. Il estime également que le geste de la direction générale envers Mme Yergeau risque d’avoir un effet de mobilisation.

Malgré nos appels, la direction générale est restée muette. Il y a actuellement 235 élèves au Conservatoire de musique de Montréal.

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