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Le président hongrois a largement "pompé" sa thèse, selon des experts

27/03/2012 10:49 EDT | Actualisé 27/05/2012 05:12 EDT

BUDAPEST, Hungary - La thèse de doctorat présentée par le président hongrois en 1992 comporte des traductions "inhabituellement longues" d'autres auteurs mais c'est le jury qui est fautif de ne pas s'en être rendu compte, estime une commission d'enquête de l'Université Semmelweis de Budapest.

Les cinq membres de la commission, qui ont publié jeudi un résumé de trois pages de leur rapport de 1.157 pages, soulignent que la thèse reste conforme aux exigences académiques de l'époque, malgré l'absence de notes de bas de page, de citations et autres lacunes. La thèse a reçu les félicitations du jury.

Les experts reprochent en revanche à l'Université d'éducation physique de ne pas avoir remarqué les similarités entre de longs passages de la thèse de Pal Schmitt sur les Jeux olympiques modernes et des travaux publiés cinq ans auparavant.

En janvier dernier, mis en cause par l'hebdomadaire "HVG", le président hongrois avait nié tout plagiat, assurant sur la station publique Kossuth Radio qu'il avait puisé la matière de sa thèse dans 21 sources différentes et n'avait rien à se reprocher.

Le magazine "HVG" affirmait que 180 des 215 de sa thèse provenaient de travaux d'un ancien membre bulgare du Comité international olympique (CIO), Nikolaï Georgiev, mort en 2005. Pal Schmitt, ancien champion olympique d'escrime, siège au CIO depuis 1983.

Le président hongrois a répondu qu'il connaissait personnellement Nikolaï Georgiev, qui avait salué le sujet de sa thèse. Les travaux de Georgiev sont uniquement cités dans la bibliographie de la thèse.

Pal Schmitt a été élu en 2010 par le Parlement au poste largement honorifique de président, pour un mandat de cinq ans.

Le président hongrois n'est pas la première personnalité dont le sérieux universitaire est mis en cause. En mars 2011, le ministre allemand de la Défense, Karl-Theodor zu Guttenberg, avait dû démissionner après avoir été accusé de plagiat dans sa thèse de doctorat. Il avait énergiquement nié toute tricherie mais avait admis avoir commis "de graves erreurs" dans ses travaux. AP

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