DIVERTISSEMENT

La folie One Direction déferle sur Montréal (VIDÉO)

27/03/2012 02:02 EDT | Actualisé 27/05/2012 05:12 EDT
Courtoisie Astral

MONTRÉAL - Cette fois, ce ne sont pas les grévistes du cégep et de l'université qui ont forcé la fermeture d'une artère de Montréal: ce sont plutôt des adolescentes d'âge secondaire qui ont pris la rue pour manifester leur bonheur de voir débarquer dans la métropole le «boys band» de l'heure, le groupe britannique One Direction.

Au moins six d'entre elles ont dû être hospitalisées après avoir été victimes de faiblesses dues à un manque de nourriture, à l'épuisement ou à l'hypothermie.

Le centre-ville a été le théâtre d'une hystérie collective, mardi: les cris et les chants de quelques centaines de «Directioners», nom donné aux «fans» du groupe, s'entendaient à des mètres à la ronde.

La rue Sainte-Catherine a d'ailleurs été temporairement fermée à la circulation entre les rues Saint-Alexandre et Bleury afin de permettre à la foule, composée presque exclusivement de jeunes adolescentes, de crier leur admiration pour Liam, Harry, Zayn, Niall et Louis.

La grande majorité de ces jeunes filles ont fait l'école buissonnière afin d'être de la partie — avec l'accord de leurs parents, mais souvent à l'insu de leurs enseignants.

«On a donné un mot à nos professeurs. On a été à l'école ce matin, c'était comme le 'deal' avec nos parents», a expliqué une jeune admiratrice.

«J'ai manqué de l'école, j'ai fait trois heures de route pour venir ici hier», a pour sa part relaté Joanie, 15 ans, de la région de Québec, reconnaissant que le motif de son absence n'avait pas été précisé auprès de son établissement scolaire.

Si les admiratrices plus «modérées» de One Direction se sont pointées devant les studios de MusiquePlus aux aurores ou tôt en matinée, des inconditionnelles de la formation musicale avaient commencé à s'y masser dès lundi après-midi.

«Il a fait très froid cette nuit, je ne sentais plus mes pieds, mais ça valait la peine. C'est le meilleur 'band' au monde», a lancé Ariane, 16 ans.

«C'était une expérience à vivre», a assuré Kelly, 15 ans, qui a également passé la nuit à grelotter, rue Sainte-Catherine.

«On a décidé ça sur un coup de tête. On a vu qu'il y avait beaucoup de filles, alors on s'est dit 'Pourquoi pas?», a renchéri son amie Yesmina, âgée d'un an de plus.

Vers 17 heures, mardi, les ambulanciers avaient dû effectuer 21 interventions et transporter six adolescentes à l'hôpital, a signalé Yvan Montpetit, chef aux opérations chez Urgences-santé.

«La nuit a été froide. Même aujourd'hui, il faisait encore froid, et certaines jeunes filles étaient légèrement vêtues. On a notamment vu des faiblesses (sans perte de connaissance) et de l'hypotension. On a évalué que six d'entre elles avaient un potentiel de risque en faisant leur bilan, alors elles ont été transportées par ambulance», a expliqué M. Montpetit.

Même si, dans le communiqué de MusiquePlus, on mentionnait qu'un journaliste de la chaîne «sortira sa tente afin de passer la nuit dehors avec les Directioners» et que «ses interventions en direct tout au long de la nuit témoigneront de la ferveur des fans déjà présents», la chaîne télévisée se défend d'avoir voulu inciter les adolescentes à se présenter avant le lever du soleil.

«On n'a pas encouragé les 'fans' à passer la nuit ici, on n'a pas prévu ça, dans le sens que ce n'est pas quelque chose qu'on a encouragé. On ne leur a pas demandé de venir et on ne leur a pas donné rendez-vous pour qu'ils soient ici tôt hier matin», a exposé Marlène Joubert, porte-parole de MusiquePlus.

Il n'y avait d'ailleurs aucun avantage réel à passer la nuit sur le trottoir, puisque les billets pour avoir le droit d'assister à la performance exclusive de One Direction, qui a débuté vers 15h15, ont été remis par tirage au sort à partir de 8 heures.

Plus de 90 000 demandes de billets ont été logées, et seulement 300 personnes ont finalement eu accès au studio, selon MusiquePlus.

Le groupe One Direction a été formé lorsque ses membres ont auditionné individuellement pour l'émission britannique «The X Factor» en 2010. Le juge et mentor Simon Cowell leur avait alors conseillé de plutôt former un groupe. La formation est finalement arrivée troisième au concours et Cowell lui a fait signer un contrat avec son étiquette, Syco, une division de Sony.