Des manifestations d'étudiants sont organisées dans plusieurs villes du Québec

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MANIFESTATION ETUDIANTE
Des manifestations régionales d'étudiants contre la hausse des droits de scolarité se déroulent dans sept grandes villes du Québec. | PC

MONTRÉAL - Des policiers ont dû intervenir mardi matin pour contrer des manifestations d'étudiants devant le ministère des Finances à Québec et la Société des alcools du Québec à Montréal.

À Montréal, au siège de la SAQ, la manifestation a donné lieu à des échauffourées, alors qu'environ 200 étudiants bloquaient toutes les entrées de l'édifice.

«Nous avons lu un ordre d'éviction, a expliqué le lieutenant Ian Lafrenière, du Service de police de la ville de Montréal (SPVM). Nous avons fait une première intervention avec les policiers du poste de quartier. Il y a eu beaucoup de résistance physique. Les jeunes n'ont pas voulu quitter. Il y a alors eu intervention avec le groupe d'intervention et finalement nous avons dû utiliser aussi des gaz irritants, à savoir du poivre de Cayenne.»

Les étudiants ont ensuite pris d'assaut les rues, bloquant la circulation sur un long parcours improvisé dans le centre-ville de Montréal pour finalement aboutir devant l'Université Concordia. Un manifestant a été appréhendé.

Jeanne Reynolds, porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), a ainsi expliqué la décision de cibler la SAQ: «si le gouvernement, le seul langage qu'il veut parler, c'est celui de l'argent, c'est celui avec lequel on va lui répondre et on espère que, de cette façon, il va peut-être accorder un peu plus de sérieux à nos revendications».

«Il semble bien qu'une manifestation historique ça ne le fait pas bouger. Alors on va continuer comme ça avec des petites perturbations», a-t-elle ajouté.

En après-midi, vers 14h, une nouvelle marche a été entreprise par quelques centaines d'étudiants qui se sont rendus de l'Université Concordia aux bureaux de Loto-Québec, qui abritent également le siège social de la Conférence des recteurs et des principaux d'universités du Québec (CREPUQ), là même où une manifestation avait mal tourné le 7 mars dernier.

Le tout s'est cependant déroulé dans l'ordre, bien qu'un groupe de manifestants se soit détaché et ait de nouveau mis les policiers sur un pied d'alerte en empruntant spontanément des artères sans avoir fourni d'itinéraire. Selon la police de Montréal, tous les manifestants avaient quitté le secteur avant 18h.

La manifestation s'est amorcée plus calmement à Québec, devant le ministère des Finances. Après avoir été tenus à l'extérieur par les étudiants pendant 90 minutes, les fonctionnaires ont pu entrer dans l'édifice, à la suite de l'intervention des policiers, qui leur ont ouvert le passage.

Environ 75 étudiants de la région de Québec, munis de banderoles, ont scandé des slogans pendant que les fonctionnaires entraient en file dans l'immeuble du Vieux-Québec, à côté du Château Frontenac.

Marie-Christine Trottier, porte-parole du front régional des associations étudiantes à Québec, a déclaré que l'objectif de perturber le ministère avait été atteint.

Mme Trottier, dont le mouvement est rattaché à la CLASSE, a affirmé que les étudiants voulaient rappeler leur opposition à la hausse des droits de scolarité.

«C'est quand même un ministère de 400 employés et leur faire perdre quelques heures de travail, ça peut être significatif au niveau de l'impact, a-t-elle dit. On espère que ç'a pu perturber et permettre de passer un message au ministre (Raymond) Bachand.»

Les étudiants ont ensuite porté leur message devant l'Assemblée nationale, puis ont brièvement investi le hall d'entrée du Complexe «G», le plus important édifice gouvernemental de la Vieille Capitale. Enfin, ils se sont dirigés vers l'Avenue Honoré-Mercier en fin d'après-midi avec l'intention d'y bloquer la circulation, alors qu'il s'agit de la principale voie d'accès menant de la Colline parlementaire à l'Autoroute Dufferin-Montmorency. Cette perturbation n'a toutefois pas duré très longtemps et les étudiants s'étaient dispersés aux environs de 16 heures.

Pour sa part, le premier ministre Jean Charest a donné un premier signe — quoique très mince — d'ouverture.

Sans aller jusqu'à soumettre une proposition aux étudiants en grève, le premier ministre, qui participait à une conférence de presse à Québec, a créé une brèche non pas du côté de la hausse des droits de scolarité, comme le réclament les étudiants, mais bien de celui de l'aide financière.

«Au fil du temps, on va toujours chercher à améliorer notre système de prêts et bourses qui est le plus généreux en Amérique du Nord. On met un demi-milliard par année en bourses au Québec. Est-ce que c'est possible de rendre meilleur notre système? La réponse sera toujours oui», a-t-il indiqué.

«Nous sommes toujours à l'écoute des étudiants, nous n'avons jamais arrêté d'écouter et nous sommes sensibles à ce qu'ils expriment», a-t-il poursuivi.

M. Charest a cependant fait comprendre que son gouvernement ne cédera pas sur la question de l'augmentation des tarifs imposés aux étudiants, peu importe les manifestations et les pressions exercées sur les députés libéraux.

La décision d'accroître de 1625 $ les droits de scolarité au cours des cinq prochaines années a beau être impopulaire, elle n'en demeure pas moins nécessaire pour assurer la compétitivité de l'enseignement supérieur au Québec, a insisté le premier ministre.

«Gouverner au Québec, ce n'est pas toujours dire oui. Être premier ministre du Québec, c'est de prendre des décisions qui de temps en temps ne sont pas populaires, mais l'avenir du Québec commande que nous ayons la capacité, comme société, de prendre des décisions d'avenir», a-t-il dit.

La CLASSE a prévu d'autres actions de ce type cette semaine, ciblant des acteurs gouvernementaux ou économiques.

Des manifestations avaient également lieu dans les villes de Laval, Saint-Hyacinthe, Sherbrooke, Jonquière et Val-d'Or sous l'égide de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).

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MANIFESTATION DU 22 MARS 2012
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