Le dossier de la constitution n'est pas une priorité pour le gouvernement, disent Charest et Vallières

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JEAN CHAREST
Jean Charest a déclaré que le contexte actuel ne se prête pas à aborder le dossier constitutionnel (Getty/archives) | Getty Images

QUÉBEC - Le ministre des Affaires intergouvernementales, Yvon Vallières, ne mettra pas «beaucoup d'énergie» pour rouvrir le dossier constitutionnel.

M. Vallières a indiqué mardi que son gouvernement n'a pas l'intention de prendre d'initiative à ce sujet.

«Le moment pour nous de mettre beaucoup d'énergie là-dessus n'est pas présent, a-t-il dit lors d'un point de presse. On est à autre chose actuellement. On a un plan gouvernemental qui vise à travailler très fort sur l'économie et nos énergies portent là-dessus d'abord.»

Selon le ministre, tous les partenaires de la fédération canadienne devraient d'abord donner leur accord avant que des discussions constitutionnelles s'engagent.

«On est dans un domaine qui demande un haut niveau de préparation, qui demande également une fenêtre d'ouverture avec l'ensemble des partenaires, a-t-il dit. C'est toujours ça qu'on regarde.»

Un sondage publié lundi révèle qu'une majorité de Québécois s'attendent à ce que le gouvernement québécois entame des démarches pour corriger le fait que le Québec n'a pas adhéré à la constitution canadienne, lors de son rapatriement il y a 30 ans.

Le premier ministre Jean Charest a déclaré mardi que le contexte actuel ne se prête pas à aborder le dossier constitutionnel.

«C'est une affaire qui n'est pas réglée et un jour il faudra la régler, a-t-il dit. Et lorsqu'on arrivera à la conclusion que le contexte est bon, on avancera là-dessus mais ce n'est pas aujourd'hui.»

Lors d'une conférence de presse sur une annonce d'investissement à Québec, M. Charest a affirmé que plusieurs incertitudes planent sur l'économie, ce qui le préoccupe davantage.

Le premier ministre a aussi insisté très longuement sur la question litigieuse des transferts en santé, que le gouvernement fédéral a l'intention de réduire.

«Je pense que les Québécois veulent qu'on s'occupe d'emploi et d'économie et mon gouvernement est très clair là-dessus», a-t-il dit.

Un sondage réalisé pour l'Association internationale des études québécoises indique que 71 pour cent des Québécois croient que le gouvernement du Québec devrait faire quelque chose pour remédier au fait que le Québec n'a pas signé la Constitution de 1982.

Dans les autres provinces, 49,7 pour cent des répondants approuvent l'idée que Québec prenne l'initiative de soumettre un projet de modification constitutionnelle.

Même si le fruit n'est pas mûr, M. Vallières a indiqué que le Québec fourbit quand même ses armes en attendant l'occasion de pouvoir débattre de la question constitutionnelle.

«C'est un sujet qui doit être vu d'une façon très, très globale et quand le Québec envisagera des négociations constitutionnelles, il sera très bien préparé pour le faire», a-t-il dit.

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