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Le père de Mohamed Merah veut porter plainte contre la France pour "avoir tué" son fils

26/03/2012 05:45 EDT | Actualisé 26/03/2012 05:47 EDT
AP

ALGER, 26 mars 2012 (AFP) - Le père de Mohamed Merah, le tueur en série abattu jeudi en France, a annoncé vouloir porter plainte contre la France "pour avoir tué" son fils, a-t-il affirmé lundi à l'AFP.

"Je vais engager les plus grands avocats et travailler le reste de ma vie pour payer les frais. Je vais porter plainte contre la France pour avoir tué mon fils", a déclaré à l'AFP M. Mohamed Benalel Merah.

"La France est un grand pays qui avait les moyens d'arrêter mon fils vivant. Ils auraient pu l'assommer avec du gaz et l'arrêter, ils ont préféré le tuer", a-t-il affirmé.

Il a par ailleurs décidé de faire inhumer son fils en Algérie, a affirmé lundi à l'AFP Mohamed Benalel Merah.

"J'ai décidé d'enterrer, Inchallah, mon fils en Algérie", a déclaré M. Merah à l'AFP. "Son frère Abdelghani m'a appelé pour m'assurer qu'ils font le nécessaire pour le ramener en Algérie. Mohamed (Merah) a un passeport algérien et est inscrit au consulat de Toulouse depuis sa naissance", a-t-il ajouté.

Le père de Mohamed Merah, séparé de sa femme depuis 1994, est originaire du village de Bezzaz, dans la commune d'Essouagui, dans le département de Médéa, selon son oncle maternel Djamel Aziri.

"Mohamed, le plus jeune de leurs enfants, avait alors tout juste six ans", au moment de la séparation, a précisé M. Aziri.

Le père de Mohamed Merah vit actuellement entre la région de Tiaret (340 km à l'ouest d'Alger) -où il gère une société de matériaux de construction- et a sa résidence à Mouzaïa (60 km au sud-ouest d'Alger).

"Mohamed voulait s'installer en Algérie où il comptait fonder un foyer parce qu'il avait fini par détester la France où sa situation sociale était devenue difficile", raconte son oncle maternel.

Selon M. Aziri, le "tueur au scooter" a séjourné pour la dernière fois en Algérie en 2010: "il avait alors demandé à son père de lui acheter un appartement pour se marier mais il avait essuyé un refus".

Le père n'entretenait pas de "solides relations" avec ses enfants depuis son divorce "à l'amiable", a ajouté M. Aziri.

Mohamed Merah, 23 ans, a été tué jeudi lors de l'intervention des policiers de l'unité d'élite du Raid dans son appartement à Toulouse (sud-ouest).

Les 11, 15 et 19 mars, il avait tué sept personnes, dont trois parachutistes, trois écoliers et un enseignant de confession juive à Toulouse et Montauban.