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Le projet de campus universitaire à Outremont franchit une autre étape

26/03/2012 10:36 EDT | Actualisé 26/05/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le projet du campus Outremont de l'Université de Montréal se rapproche encore un peu plus de sa concrétisation. Le ministre des Finances Raymond Bachand, le maire Gérald Tremblay et le recteur Guy Breton ont affirmé lundi qu'un nouveau pas avait été franchi dans cette direction — une annonce qui tombe à un bien mauvais moment, d'après certains étudiants qui s'étaient rassemblés devant l'hôtel de ville pour manifester.

Après avoir rappelé l'essentiel du projet, qui prévoit la construction de deux pavillons sur le site de l'ancienne gare de triage Outremont, le recteur de l'institution a précisé qu'il ne faudrait pas se surprendre de «voir des pépines sur le terrain à Outremont» sous peu, puisque les travaux de décontamination du site devraient s'amorcer en mai prochain, a indiqué Guy Breton.

À ce projet institutionnel se greffera un volet résidentiel. Quelque 1300 unités de logement à prix abordable, ainsi que des résidences étudiantes, doivent être bâties.

Et à ceux qui craignent un nouveau fiasco comme celui de l'îlot Voyageur, le ministre Bachand assure que le gouvernement a appris de ces «dérapages» et que les plans d'affaires soumis par l'Université de Montréal font l'objet d'une étroite surveillance. L'université ne sera d'ailleurs pas responsable de la promotion de la partie immobilière du projet, a précisé M. Bachand.

Le site de la gare de triage a été acquis par l'Université de Montréal en 2006. La Ville de Montréal, Québec et Ottawa ont investi, en 2009, une somme de 120 millions $ pour la réhabilitation du site retenu pour le projet.

Le projet est donc sur les rails depuis un bon bout de temps, et la grève étudiante qui paralyse les réseaux collégial et universitaire québécois depuis plusieurs semaines n'allait pas empêcher les responsables du projet d'y aller de cette annonce, a-t-on plaidé lundi matin, alors que quelques dizaines d'étudiants manifestaient devant l'hôtel de ville.

«On ne va pas retarder cette annonce-là, d'autant plus qu'au fond, c'est un geste qui démontre l'importance des universités, notre attachement aux universités», a plaidé M. Bachand, qui est le député d'Outremont.

La présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, se désole néanmoins de voir l'argent des contribuables investi dans l'érection de nouvelles bâtisses alors que les étudiants devront essuyer une hausse des droits de scolarité de 1625 $ sur cinq ans.

«Est-ce que les étudiants vont encore une fois financer du béton et voir se répéter ce qui s'est passé avec l'Université de Sherbrooke à Longueuil, qui est à 50 pour cent vide?», a-t-elle demandé.

Un finissant au baccalauréat en chimie de l'Université de Montréal qui prenait part à la manifestation de lundi voyait lui aussi d'un mauvais oeil cet investissement.

«C'est sûr que pour nous, en tant qu'étudiants en chimie, c'est intéressant de voir ce nouveau pavillon-là, mais on trouve ça un peu dommage qu'ils annoncent des millions de dollars pour cette construction. On va être mieux équipés, mais on préférerait que l'argent aille à l'accessibilité aux études», a exposé l'étudiant, qui a préféré taire son nom.

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