NOUVELLES

Le pape Benoît XVI dit ressentir une affection profonde pour tous les Cubains

26/03/2012 02:53 EDT | Actualisé 26/05/2012 05:12 EDT

SANTIAGO, Cuba - Le pape Benoît XVI dit ressentir une «affection profonde» pour tous les Cubains, autant ceux vivant sur l'île que ceux qui sont en exil.

Lors du discours prononcé à son arrivée dans la ville de Santiago, dans l'est du pays lundi après-midi, le souverain pontife a affirmé que les Cubains étaient toujours présents dans son coeur et dans ses prières, «peu importe où ils peuvent être». Il a également manifesté sa sympathie face aux «aspirations justes et aux désirs légitimes» de tous les Cubains, incluant les prisonniers.

Le président cubain Raul Castro a accueilli chaleureusement le pape à l'aéroport, à peine quelques jours après que Benoît XVI eut déclaré que le système marxiste en place sur l'île était démodé. Lundi soir, il devait célébrer une messe en plein air sur la place principale de la ville, la deuxième de l'île. Mardi, il doit se rendre à La Havane, où il reverra le président Raul Castro, et peut-être son frère Fidel.

Benoit XVI doit passer trois jours à Cuba, une visite qui ne devrait pas manquer de susciter des comparaisons avec la tournée historique de son prédécesseur Jean Paul II en 1998. Fidel Castro, alors encore président, avait abandonné son treillis et revêtu un costume pour accueillir le pape à l'aéroport de La Havane. Le défunt pontife y avait prononcé des mots devenus célèbres, souhaitant que Cuba «puisse s'ouvrir au monde et que le monde puisse s'ouvrir à Cuba».

Dans ses propres remarques, Raul Castro a assuré le pape que son pays favorise la liberté de religion complète et entretient de bonnes relations avec toutes les institutions religieuses.

«La constitution cubaine consacre et garantit la liberté de religion totale pour tous les citoyens», a-t-il argué.

Il a aussi critiqué l'embargo économique américain de 50 ans et défendu l'idéal socialiste de soutenir les moins fortunés.

Dans ses propos il y a 14 ans, Jean Paul II avait mentionné particulièrement les prisonniers politiques cubains incarcérés pour leurs idéaux, ce que Benoît XVI n'a pas fait dans son discours de lundi.

Cuba a relâché des dizaines de prisonniers politiques dans les dernières années — souvent par l'entremise d'accords avec l'Église — et nie qu'il y en ait encore au pays. Des groupes de défense des droits de la personne affirment que certains Cubains demeurent emprisonnés pour leurs activités politiques, et souligne que le harcèlement et les brèves détentions de dissidents sont en croissance.

Benoît XVI a été très critique du socialisme par le passé, et en amorçant son séjour dans les Amériques la semaine dernière, il a affirmé aux médias qu'il est «évident que l'idéologie marxiste telle qu'elle a été interprétée ne correspond plus à la réalité».

Dans son discours, lundi, le pape a équilibré sa position en critiquant le capitalisme pour avoir laissé l'humanité sans «valeurs et sans défense face à l'ambition et l'égoïsme de certains pouvoirs».

Plus tôt lundi, Benoît XVI avait quitté le Mexique pour gagner Cuba, deuxième et dernière étape de son séjour dans l'Amérique latine hispanophone.

La visite du pape a suscité beaucoup de ferveur au Mexique, le plus catholique des pays latino-américains. Au son des groupes de mariachi, des foules agitant des drapeaux et des ballons jaunes aux couleurs du Saint-Siège lui ont dit lundi au revoir.

«Ma brève mais intense visite au Mexique arrive à sa fin. Mais ce n'est pas la fin de mon affection et ma proximité envers un pays qui m'est très cher», avait dit le souverain pontife sur le tarmac.

Le pape, qui a dénoncé la violence liée aux cartels de la drogue à chaque jour de sa visite, a exhorté à nouveau «le peuple mexicain à rester fidèle à lui-même et ne pas se laisser intimider par les puissances du mal».

Contrairement au Mexique, où bon nombre de personnes ont salué le pape de 84 ans à l'aéroport, les citoyens ont été tenus à l'écart de la cérémonie d'arrivée sous contrôle strict à Cuba.

PLUS:pc