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L'Allemagne prête à porter les fonds de sauvegarde à 700 milliards d'euros

26/03/2012 12:52 EDT | Actualisé 26/05/2012 05:12 EDT

BERLIN - L'Allemagne, qui ne voulait pas augmenter la capacité de renflouement de la zone euro, commence à céder. La chancelière Angela Merkel a déclaré lundi qu'elle était prête à accepter une augmentation temporaire des fonds de sauvegarde européens jusqu'à 700 milliards d'euros, soit 200 milliards de plus que prévu.

Mais cela risque de ne pas être assez pour rassurer les marchés.

Angela Merkel a annoncé que son gouvernement pourrait accepter un maintien du FESF, le fonds Fonds européen de stabilité financière, après la mise en place du MES, le mécanisme européen de stabilité, destiné à venir en aide aux pays touchés par la crise de la dette.

La capacité de renflouement de la zone euro serait ainsi portée à 700 milliards jusqu'au remboursement des premiers prêts du FESF.

Lors d'une conférence de presse au siège de son parti, l'Union chrétienne-démocrate (CDU) à Berlin, Angela Merkel a dit croire qu'une décision sur un renforcement des fonds pourrait être prise vendredi lors de la réunion de l'Eurogroupe, les ministres des Finances de la zone euro, à Copenhague.

C'est un grand pas pour l'Allemagne, qui avait jusqu'ici refuser d'augmenter la capacité des fonds de sauvegarde au-delà des 500 milliards d'euros, malgré les incertitudes sur la capacité de Rome et Madrid à rembourser leurs dettes. Mais le renforcement provisoire accepté par Berlin reste sans doute loin de ce qu'il faudrait pour protéger l'Espagne et l'Italie d'une éventuelle défaillance.

La Commission européenne et plusieurs pays de la zone euro plaidaient pour que la capacité de renflouement soit portée à 940 milliards. Dans un document préparé pour la réunion de l'Eurogroupe, l'exécutif européen note qu'une augmentation du plafond à 700 milliards «serait très vraisemblablement insuffisante pour débloquer de ressources d'autres partenaires du G20».

Angela Merkel a estimé pour sa part que cela devrait suffire à convaincre d'autres grandes économies d'allouer plus de fonds au FMI, ce qui offrirait encore une meilleure protection à la zone euro.

Les 17 pays de la zone euro tentent actuellement de se mettre d'accord sur la façon de passer du FESF, un fond d'une capacité totale de 440 milliards d'euros, au MES, un nouveau fond permanent, d'une capacité totale de 500 milliards, qui doit entrer en vigueur en juillet. Le FESF a déjà octroyé 192 milliards de prêts à la Grèce, à l'Irlande et au Portugal.

Jusqu'à présent il était prévu que ces 192 milliards soient comptabilisés dans le futur MES, ce qui ne lui laisserait plus qu'un peu plus de 300 milliards d'euros pour venir en aide à d'autres pays. Cette marge de manoeuvre est vite apparue trop faible pour pouvoir éventuellement soutenir des économies plus importantes comme l'Italie ou l'Espagne, qui dépassent à elles deux les 2500 milliards de dette.

La Commission et le FMI veulent que la zone euro mette en place un fond de sauvetage suffisamment important pour que les investisseurs ne doutent pas de sa capacité à venir en aide à ses membres même les plus importants. Ils estiment qu'un filet de sécurité crédible sera le meilleur moyen d'éviter que d'autres pays plongent à leur tour dans la crise.

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