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Harper est en Corée du Sud pour participer au Sommet sur la sécurité nucléaire

26/03/2012 07:59 EDT | Actualisé 26/05/2012 05:12 EDT

SÉOUL, Corée du Sud - Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, est arrivé lundi à Séoul, en Corée du Sud, pour participer au Sommet sur la sécurité nucléaire, alors même que les craintes concernant les velléités nucléaires de la Corée du Nord se font de plus en plus vives.

Bien que son objectif soit de discuter de la façon de freiner la prolifération de matériel nucléaire et d'armes de destruction massive, le premier ministre canadien doit prendre part à de nombreuses discussions bilatérales avec des leaders de pays européens qui luttent pour contenir la crise de leur dette.

Stephen Harper et ses ministres — dont John Baird, des Affaires étrangères —, ont notamment rencontré le premier ministre italien Mario Monti tout juste après que leur avion eut touché le sol sud-coréen.

On s'attend à ce que le Canada essuie des critiques en coulisses lors de ce sommet, en raison d'une entente signée dernièrement par Nordion, le plus important fournisseur d'isotopes médicaux au monde.

L'entreprise basée à Ottawa a paraphé un accord de 10 ans avec la Russie pour s'approvisionner en uranium fortement enrichi. Or, les États-Unis, la France, la Belgique et les Pays-Bas s'étaient auparavant entendus pour maintenir l'approvisionnement en isotopes médicaux sans avoir recours à ce type d'uranium. Aucun de ces pays n'a ouvertement critiqué le Canada, mais ils ont laissé entendre qu'il y aurait un prix à payer pour cette entente.

Par ailleurs, même si la question de la Corée du Nord ne figure pas au programme du sommet, Barack Obama l'a remise à l'avant-scène en mettant au défi les leaders du pays isolé d'avoir «le courage» de travailler à rétablir la paix.

La demande du président américain intervient peu après que Séoul eut menacé d'abattre une fusée nord-coréenne transportant un satellite si jamais l'appareil pénètre dans l'espace aérien de la Corée du Sud.

Le ministre Baird a reconnu qu'il s'agissait certes d'une source de distraction, mais qu'elle ne devait pas pour autant monopoliser les discussions entre les participants au sommet.

«Nous sommes évidemment très préoccupés par le programme nucléaire de la Corée du Nord, a-t-il déclaré. Nous travaillons avec nos alliés et avec d'autres afin de mettre en oeuvre toutes les mesures diplomatiques nécessaires pour expliquer très clairement au gouvernement nord-coréen que nous désapprouvons.»

Le lancement de cette fusée, qui inquiète aussi le Japon, a été décrit par les États-Unis comme un test mené par Pyongyang pour mesurer la technologie nécessaire afin d'assembler des missiles balistiques. Il s'agit d'une allégation que le régime de Kim Jon-un réfute.

La Corée du Nord a déjà affirmé, dans le passé, que ce type de test était inoffensif et que l'objectif poursuivi était simplement de mettre des satellites en orbite. Le régime de feu Kim Jong-il avait procédé au lancement de l'une de ses fusées Taeopodong-2 au printemps 2009 avant de réaliser un test nucléaire sous-marin.

Cela avait poussé la Corée du Sud à se joindre à l’Initiative de sécurité contre la prolifération (ISP), un mécanisme international créé en mai 2003 pour freiner la prolifération des armes de destruction massive.

À l'occasion de ce sommet, les gouvernements du Canada, du Mexique et des États-Unis ont déjà annoncé la conclusion d’un projet commun sur la sécurité nucléaire. L’objectif est de convertir le réacteur de recherche du Mexique afin qu’il fonctionne au combustible à base d'uranium faiblement enrichi, plutôt qu’au combustible à base d’uranium hautement enrichi.

Dans un communiqué, M. Harper souligne que le succès remporté par ce projet témoigne des mesures concrètes que les pays peuvent prendre ensemble le cadre du Sommet sur la sécurité nucléaire.

Le premier ministre canadien arrivait lundi du nord du Japon, où il a constaté la dévastation causée par le tremblement de terre et le tsunami de l'an dernier dans la région. Il a fait un arrêt dans la petite ville japonaise de Yuriage, près de Sendai, qui a été au centre de la catastrophe qui a tué plus de 19 000 personnes.

Plus d'un an plus tard, les signes du séisme et du tsunami sont visibles partout.

M. Harper a visité une école secondaire de premier cycle, qui a perdu 14 élèves et 20 parents, emportés par les flots. Il a fait part de son admiration profonde pour ceux qui ont combattu dans l'adversité et la douleur afin de reconstruire leur vie.

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