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Gaz de schiste: une délégation s'inquiète après un voyage en Pennsylvanie

26/03/2012 02:42 EDT | Actualisé 26/05/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Des élus et des citoyens sont revenus inquiets de leur voyage en Pennsylvanie, après avoir constaté de visu dans cet État américain les impacts de l'exploration et de l'exploitation des gaz de schiste.

Au lendemain de son retour, la porte-parole du Parti québécois (PQ) en matière de mines et de gaz de schiste, Martine Ouellet, qui faisait partie de la délégation, a estimé lundi que les techniques d'exploitation en Pennsylvanie avaient des impacts «terribles» pour les agriculteurs et les citoyens qui se trouvent à proximité des puits.

Disant se baser sur des études de l'université Cornell, dans l'État de New York, concernant les déversements de l'eau de fracturation hydraulique, Mme Ouellet a dressé un constat alarmant.

«Il y a des réductions de production pouvant atteindre jusqu'à 50 pour cent chez les agriculteurs qui possèdent des fermes laitières. Je ne pensais pas que les études étaient aussi avancées», a-t-elle dit.

Mme Ouellet a rappelé qu'en plus de contaminer l'eau potable, les produits chimiques issus de la fracturation hydraulique polluent l'air et engendrent une augmentation du smog, des problèmes de santé et de gestation, notamment.

«Certaines communautés ont des épisodes de smog qui sont plus importants que ceux à Los Angeles, a précisé la députée péquiste. On parle quand même de régions agricoles (en Pennsylvanie).»

Mme Ouellet a indiqué qu'elle aimerait bien que les professeurs d'universités américaines qui se penchent sur les effets des gaz de schiste et les agriculteurs aux prises avec des problèmes viennent éclairer les Québécois.

«Certains agriculteurs ont signé des ententes avec des minières après de beaux discours, a-t-elle rappelé. Une agricultrice m'a dit: 'ne soyez pas aussi naïve que moi. Si vous devez signer une entente avec une compagnie gazière, consultez un avocat'.»

Claude Roger, maire de La Présentation, en Montérégie, municipalité où se trouve un puits de gaz de schiste qui fuit, selon lui, est également préoccupé depuis qu'il est revenu des États-Unis.

Il estime que les citoyens aux prises avec des problèmes reliés aux gaz de schiste sont «démunis, sans ressources financières, et semblent complètement abandonnés» par leurs gouvernements.

«C'est effrayant tout ce que j'ai vu là-bas, a dit le maire de la municipalité de 2500 habitants. Il faut le voir pour le croire.»

En entrevue, M. Roger a expliqué que La Présentation, une ville qui est agricole à 99 pour cent, selon lui, continuera à se mobiliser contre le gaz de schiste.

«Tant que je vais être maire je ne veux pas d'autres puits et j'espère que celui qui prendra ma place va penser la même chose», a-t-il martelé.

Le maire espère que le gouvernement Charest se rendra compte des effets néfastes que peuvent avoir les puits de gaz de schiste sur l'agriculture.

«La Vallée du Saint-Laurent, c'est le jardin de la province, a dit M. Roger. Ça n'aurait pas d'allure de faire comme en Pennsylvanie.»

Au cours du voyage, la délégation, composée de 55 personnes, a notamment rencontré des citoyens aux prises avec des impacts négatifs de l'exploitation des gaz de schiste, particulièrement la contamination de l'eau.

Les conclusions de ce groupe rejoignent ainsi les inquiétudes d'une autre délégation de citoyens et d'élus municipaux de la Vallée du Saint-Laurent qui s'était rendue en Pennsylvanie l'automne dernier afin d'y constater les effets de l'exploration et de l'exploitation des gaz de schiste.

Au mois de mars 2011, les conclusions du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, qui recommandaient notamment un encadrement plus strict de l'industrie du gaz de schiste, avaient été accueillies favorablement par le gouvernement Charest. Un moratoire complet n'avait cependant pas été décrété par Québec.

La députée Ouellet a rappelé lundi que le PQ allait continuer de l'exiger dans le futur.

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