POLITIQUE

Hausse des droits de scolarité: les étudiants annoncent les actions à venir

26/03/2012 12:02 EDT | Actualisé 26/05/2012 05:12 EDT
CP

MONTRÉAL - Plus d'actions ciblées, plus de perturbations et plus de pression: les étudiants ne comptent pas laisser mourir l'enthousiasme engendré par la grande manifestation nationale du 22 mars dernier.

Les trois principaux regroupements d'associations étudiantes ont rencontré les médias lundi dans deux conférences de presse distinctes, afin de faire le point sur la situation et annoncer leur couleur pour la suite du combat contre la hausse des droits de scolarité.

Puisque le gouvernement fait toujours la sourde oreille à leurs demandes et refuse de reculer sur la hausse de 1625 $ sur cinq ans, ce sont maintenant les libéraux de Jean Charest qui seront la cible des étudiants.

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) ont annoncé conjointement lundi qu'elles lancent une campagne contre les libéraux dans dix circonscriptions ciblées.

Ces circonscriptions avaient été remportées de justesse par les troupes de Jean Charest lors des dernières élections générales. Les étudiants veulent maintenant s'assurer que les électeurs de ces circonscriptions ne reconduiront pas leur député libéral à l'Assemblée nationale.

«En s'attaquant directement aux circonscriptions faibles des libéraux, on veut canaliser la frustration de la population envers le gouvernement», a lancé Martine Desjardins, présidente de la FEUQ.

Ainsi, les circonscriptions des ministres Robert Dutil, Pierre Corbeil et Monique Gagnon-Tremblay seront notamment ciblées.

La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a elle aussi rencontré les médias, lundi matin, pour présenter son plan de match des semaines à venir. Elle a promis une intensification des moyens de pression et des «perturbations économiques».

«Ce gouvernement ne semble comprendre que le langage de l'argent, c'est avec ce langage-là qu'on va s'adresser à lui», a expliqué le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, refusant toutefois de donner plus de détails sur ces «perturbations».

De plus, des rassemblements et manifestations seront tenus aux quatre coins du Québec. Les étudiants se joindront notamment à une manifestation organisée par les syndiqués de l'usine Rio Tinto Alcan d'Alma, actuellement en lock-out. Ils convergeront également à Sherbrooke, circonscription du premier ministre Charest.

L'objectif derrière ces initiatives est de rassembler la société civile et de faire prendre une nouvelle ampleur au mouvement étudiant.

«À partir de maintenant, le mouvement étudiant doit devenir un mouvement social. (...) Les conditions sont réunies pour un 'Printemps québécois'», a ajouté M. Nadeau-Dubois, faisant référence aux soulèvements populaires qui ont embrasé plusieurs pays arabes l'an dernier.

Si la FECQ et la FEUQ font traditionnellement front commun alors que la CLASSE, réputée plus radicale, fait cavalier seul, le porte-parole de cette dernière, Gabriel Nadeau-Dubois, a estimé que les actions sont complémentaires.

«On a été très rassurés de voir les fédérations étudiantes, la semaine dernière, annoncer publiquement dans les médias qu'elles refuseraient de négocier sans la présence de l'ensemble des organisations étudiantes. (...) La stratégie du Parti libéral a toujours été de diviser la population; là, il tente de diviser le mouvement étudiant et on va faire tout ce qu'on peut pour que ça ne fonctionne pas comme stratégie», a-t-il dit.

Les grévistes sont passés de la parole aux actes sans attendre, lundi, de petits groupes entreprenant des actions un peu partout dans la ville de Montréal.

Vers 13h, plusieurs dizaines de manifestants se sont rassemblés devant les bureaux de la Fédération des cégeps, sur la rue Crémazie, où ils ont bloqué l'entrée de façon pacifique, selon la police de Montréal. Puis, certains d'entre eux ont convergé vers le métro Jarry, quelques rues plus au sud. Les choses se sont moins bien passées, la police ayant utilisé des gaz pour disperser les manifestants. La vitrine d'un commerce du secteur a été fracassée.

Pendant ce temps, un autre groupe s'est rassemblé devant l'Université du Québec à Montréal. Les étudiants présents ont marché sur la rue Sainte-Catherine quelques instants, avant de se disperser.

Plus de 200 000 étudiants sont actuellement en grève à travers le Québec.