POLITIQUE

Dominique Strauss-Kahn poursuivi pour "proxénétisme en bande organisée"

26/03/2012 05:20 EDT | Actualisé 26/05/2012 05:12 EDT
AFP

de l'affaire dite de l'hôtel Carlton de Lille (nord), ont annoncé ses avocats.

"Il déclare avec la plus grande fermeté n'être coupable d'aucun de ces faits et n'avoir jamais eu la moindre conscience que les femmes rencontrées pouvaient être des prostituées", a déclaré Me Richard Malka, l'un des avocats de M. Strauss-Kahn.

L'ancien patron du FMI a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire, a annoncé le procureur de Lille dans un communiqué. Les juges d'instruction ont demandé à DSK de verser "une caution de 100.000 euros", a-t-il ajouté.

"A l'issue de son audition, monsieur Dominique Strauss-Kahn a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d'entrer en contact avec les mis en examen, les parties civiles, les témoins et tout organe de presse à propos des faits objets de la procédure", a précisé le magistrat.

L'audition de l'ancien patron du FMI avait débuté en début d'après-midi et M. Dominique Strauss-Kahn est ressorti du palais de justice de Lille peu après 22H00 (20H00 GMT).

Les avocats de Dominique Strauss-Kahn ont annoncé lundi soir leur intention de faire appel de la décision de mise en examen de leur client. "Il va sans dire que nous demanderons l'annulation de cette décision" de mise en examen, a déclaré Me Henri Leclerc, l'un des trois avocats de DSK.

"Nul ne peut ainsi comprendre l'application de la notion de proxénétisme à sa situation. Il est encore plus invraisemblable et contraire au sens commun d'utiliser des notions de bande organisée ou de réseau pour une simple activité libertine", a estimé Me Richard Malka, l'autre conseil de l'ancien patron du FMI.

"A raison de ces seuls comportements qui ne devraient regarder que lui, M. Strauss-Kahn se trouve ainsi, en grande partie à raison de sa notoriété, jeté au bûcher", a dénoncé l'avocat.

Les avocats de M. Strauss-Kahn ont annoncé qu'il tiendront une conférence de presse mardi à 15H00 (13H00 GMT) à Paris, au cabinet des avocats Henri Leclerc et Frédérique Beaulieu.

A l'issue de deux journées et une nuit en garde à vue dans une caserne de gendarmerie à Lille il y a un mois, M. Strauss-Kahn s'était vu délivrer une convocation aux fins de mise en examen pour "complicité de proxénétisme aggravé en bande organisée" et "recel d'abus de biens sociaux".

DSK était initialement convoqué pour le 28 mars, mais aucune précision sur les raisons pour lesquelles son audition a été avancée n'a pu être fournie.

Les magistrats qui instruisent le dossier cherchent notamment à déterminer si l'ancien directeur général du Fonds monétaire international savait que les participantes à des soirées libertines auxquelles il avait pris part, notamment à Paris et Washington, étaient rémunérées.

Par ailleurs, mercredi à New-York, se tiendra devant la Cour suprême du Bronx la première audience civile dans l'affaire du Sofitel où M. Strauss-Kahn est accusé d'agression sexuelle par une femme de chambre, Nafissatou Diallo, dans laquelle les poursuites pénales ont été abandonnées.

Le juge Douglas McKeon présidera une audience sur la motion des avocats de DSK, qui affirment que l'ancien directeur général du FMI ne peut être poursuivi au civil car il bénéficiait au moment des faits d'une immunité diplomatique totale.

Ni M. Strauss-Kahn ni Mme Diallo ne sont tenus d'être présents lors de cette audience.

"Je donnerai à chacun des avocats (des deux parties) l'opportunité de défendre leurs arguments, et je leur poserai des questions. Et je rendrai ma décision dans les semaines qui suivront. Ce sera une décision écrite", explique le juge McKeon.

S'il décide que M. Strauss-Kahn ne peut pas être poursuivi, "c'est la fin de l'affaire" selon ses termes.

Si, à l'inverse, il retient les arguments des avocats de Nafissatou Diallo, selon lesquels DSK ne peut prétendre à cette immunité diplomatique, il devra ensuite se prononcer sur d'autres motions : notamment celle des avocats de l'ancien patron du FMI pour que soit retiré un paragraphe de la plainte de Mme Diallo évoquant d'autres agressions sexuelles présumées.