Les employés d'Aveos à la recherche d'appuis à Ottawa

Aveos

Première Publication: 26/03/2012 09:48 Mis à jour: 29/03/2012 14:58

OTTAWA - Des représentants des 2600 travailleurs d'Aveos mis à pied la semaine dernière sont ressortis fort déçus, lundi, de leur rencontre avec le ministre fédéral des Transports, Denis Lebel.

Au terme d'une réunion d'une quarantaine de minutes aux bureaux du ministre à Ottawa, le porte-parole des travailleurs mis au chômage, Jean Poirier, a déploré le fait qu'il n'ait obtenu aucun engagement de M. Lebel.

En après-midi, ce dernier disait vouloir qu'un comité parlementaire se penche sur la situation.

Les travailleurs, représentés par l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale (AIMTA), réclament des gestes concrets tout de suite.

«Je m'attendais à plus que ça», s'est plaint M. Poirier au pied de l'édifice qui abrite le ministère des Transports.

«Je suis déçu, je suis très déçu. Même s'il me dit qu'il va me parler pendant un mois, présentement, mon monde est dans la rue», a-t-il insisté.

Son «monde» sera sur la colline parlementaire mardi matin pour manifester et exiger l'intervention du gouvernement fédéral.

Les ex-employés d'Aveos, un sous-traitant d'Air Canada, estiment que le fédéral peut ouvrir son portefeuille pour leur industrie.

M. Poirier calcule qu'aussi peu que 200 millions $ suffiraient pour qu'Ottawa reprenne une participation dans Air Canada et ait ainsi son mot à dire sur l'avenir des travailleurs d'Aveos.

En dernier recours, il entrevoit des poursuites judiciaires.

«Si j'ai un gouvernement qui ne bouge pas, le seul moyen de faire bouger ce gouvernement-là, c'est comme Jean Charest a dit; ils vont entreprendre des mesures légales contre le gouvernement fédéral. Puis ça, j'étais content de l'entendre», s'est consolé M. Poirier.

Pour l'instant, le seul mouvement du gouvernement fédéral et du ministre Lebel est en direction d'une étude par un comité parlementaire.

En réponse aux questions de l'opposition aux Communes, le ministre Lebel a répété sa demande pour qu'un comité convoque Air Canada, Aveos, le syndicat et des experts pour étudier «cette question complexe».

Aux députés d'opposition qui lui réclament de faire respecter la loi sur Air Canada, une loi qui oblige l'entreprise à faire l'entretien de ses appareils à Montréal, Mississauga en Ontario et Winnipeg, le ministre Lebel a semblé répondre que la loi a besoin d'être changée.

«Cette loi a été analysée il y a longtemps. Ça fait depuis 1988 que cette loi n'a pas été changée. Nous, nous allons faire les choses avec rigueur pour les bons intérêts de toute la population canadienne», a-t-il dit en réponse à une question du libéral Denis Coderre.

«C'est hypocrite. S'ils veulent changer (la loi) ou qu'ils ne (la) changent pas, qu'ils le disent!», s'est exclamé le député Coderre qui, lui aussi, avait rencontré les représentants d'Aveos dans la journée, en compagnie de son chef Bob Rae et du député montréalais Stéphane Dion.

Lundi matin, les représentants syndicaux avaient aussi trouvé une oreille plus sympathisante auprès du nouveau chef du NPD, Thomas Mulcair.

«M. Mulcair connaît très bien notre dossier. C'est lui qui a commencé notre dossier voilà trois ans», a constaté M. Poirier qui s'attendait à des questions «féroces» de la part du nouveau chef néo-démocrate aux Communes.

La première question de M. Mulcair en tant que chef de l'opposition officielle a en effet interpellé le gouvernement sur le dossier d'Aveos.

«Aujourd'hui, c'est au tour des travailleurs d'Aveos d'y goûter. À Winnipeg, Montréal, Toronto, des milliers de familles en détresse. Pourquoi ils ne font rien?», a-t-il demandé après avoir souligné les nombreuses pertes d'emplois dans le secteur manufacturier au Canada.

Le chef par intérim des libéraux Bob Rae a aussi attaqué aux Communes sur le même sujet.

«Quand le gouvernement du Canada va-t-il faire respecter la loi?», a réclamé M. Rae, faisant référence à la loi qui oblige Air Canada à faire l'entretien de ses appareils au Canada.

La compagnie Aveos qui a mis la clé sous la porte louait ses hangars et ses outils à Air Canada. Ses travailleurs étaient encore des employés d'Air Canada jusqu'en juillet dernier.

«La game, elle se joue depuis trois ans. (...) Je suis sûr que les dés sont déjà pipés», croit M. Poirier.

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Publié par Jean-Philippe Cipriani  |