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Affaire du Carlton: Strauss-Kahn se voit remettre une accusation préliminaire

26/03/2012 03:14 EDT | Actualisé 26/05/2012 05:12 EDT

LILLE, France - Un avocat représentant Dominique Strauss-Kahn a fait savoir que l'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) faisait l'objet d'une accusation préliminaire selon laquelle il aurait été mêlé à un réseau de prostitution en France.

Trois juges d'instruction de l'affaire du Carlton, à Lille, ont questionné «DSK» pendant plusieurs heures lundi. Après que ce dernier eut quitté les lieux, Me Richard Malka a confirmé à des journalistes que M. Strauss-Kahn était soupçonné d'avoir fourni des prostituées et d'avoir été impliqué dans un «gang organisé».

Me Malka a fait savoir que son client niait tout agissement illicite. L'avocat a ajouté qu'il était injuste de vouloir poursuivre Dominique Strauss-Kahn pour de «simples activités libertines».

«M. Strauss-Kahn est envoyé à l'abattoir en grande partie en raison de sa célébrité», a soutenu Me Malka.

Dominique Strauss-Kahn a été libéré sous supervision judiciaire après avoir payé 100 000 euros (132 000 $ CAN) en cautionnement, et a été interdit de contact avec les autres accusés dans cette affaire, a indiqué un responsable judiciaire. Celui-ci a parlé sous le couvert de l'anonymat car l'enquête est toujours en cours.

Selon les lois françaises, une accusation préliminaire signifie que les autorités ont des raisons de croire qu'un crime ait été commis, mais qu'elles ont besoin de plus de temps pour enquêter.

Dominique Strauss-Kahn était entendu depuis lundi 14h par les trois juges d'instruction, avait appris l'Associated Press, lundi, de source judiciaire. Le parquet de Lille s'était dit surpris par cette convocation, a-t-on précisé de même source, alors que DSK était plutôt attendu mercredi dans le Nord.

M. Strauss-Kahn avait passé une trentaine d'heures de garde à vue les 21 et 22 février à Lille dans le cadre de l'enquête, avant de ressortir libre. Il avait alors été interrogé par les enquêteurs de la Direction interrégionale de police judiciaire (DIPJ).

Assisté de son avocate, l'ancien ministre avait dû s'expliquer sur des soupçons de «complicité de proxénétisme aggravé en bande organisée» et «recel d'abus de biens sociaux» dans l'enquête sur un réseau de prostitution opérant dans des hôtels à Lille et Paris.

Les policiers cherchaient à éclaircir les conditions dans lesquelles Dominique Strauss-Kahn aurait rencontré des prostituées à Paris mais également à Washington en 2010 et 2011. Plusieurs d'entre elles ont affirmé aux enquêteurs avoir eu des relations sexuelles avec lui à l'hôtel Murano, non loin du domicile personnel de l'ex-ministre, mais également dans un restaurant chic du XVIe arrondissement ainsi qu'à Washington.

Toujours selon les premiers éléments de l'enquête, ces femmes auraient été rémunérées par Fabrice Paszkowski, gérant d'une entreprise de matériel médical de Lens et membre d'un club de réflexion strauss-kahnien local intitulé «À gauche en Europe», et David Roquet, un ancien dirigeant d'une filiale BTP du groupe Eiffage.

Les deux hommes ont été mis en examen pour «proxénétisme aggravé en bande organisée, association de malfaiteurs, escroquerie abus de confiance et abus de biens sociaux». Écroués, ils ont ensuite été placés sous contrôle judiciaire.

L'audition de «DSK» intervient alors qu'une audience est prévue mercredi aux États-Unis dans le cadre de la plainte déposée au civil par Nafissatou Diallo, la femme de chambre de l'hôtel Sofitel de Manhattan qui l'accuse d'avoir tenté de la violer en mai dernier.

Les poursuites pénales contre l'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) avaient été abandonnées en août dernier par le bureau du procureur de Manhattan en raison des doutes sur la fiabilité de son accusatrice. L'affaire a coûté à Dominique Strauss-Kahn, qui avait été arrêté à l'aéroport de New York et avait passé près d'une semaine en prison, son poste au FMI et ses ambitions présidentielles en France.

L'audience de mercredi doit porter sur l'immunité diplomatique qui selon Dominique Strauss-Kahn le protège de ces poursuites civiles. Ce sera la première audience dans cette affaire. Ni Nafissatou Diallo ni celui qu'elle accuse ne devraient y assister.

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