Le Parti québécois s'inquiète de l'état du français à Montréal

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MONTRÉAL - Le Parti québécois (PQ) s'inquiète des résultats d'un récent sondage CROP suggérant que les anglophones, particulièrement les plus jeunes, envisagent que Montréal puisse devenir dans le futur une ville où l'anglais prédominera.

Ainsi, plus de 77 pour cent des personnes sondées estime notamment que la métropole deviendra à prédominance anglophone, alors que le reste du Québec devrait conserver son aspect francophone, indique le sondage, réalisé pour le magazine l'Actualité et le 98,5 FM.

Selon le PQ, cette situation est le résultat de 10 années de complaisance et de message ambigus de la part des libéraux de Jean Charest.

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière de langue, d'immigration et de communautés culturelles, le député de Drummond, Yves-François Blanchet, a indiqué dimanche que le Parti libéral du Québec (PLQ) n'a rien fait depuis qu'il a pris le pouvoir en 2003 pour assurer la pérennité du français à Montréal.

«Il n'est pas question pour moi de formuler des reproches à l'endroit de la communauté anglophone, a tenu à préciser M. Blanchet. Nous faisons un constat et il y a une franchise dans le sondage, une franchise dont le gouvernement n'a jamais été capable (d'avoir).»

Selon M. Blanchet, les gens peuvent ignorer et défier la loi 101 à volonté et sans qu'aucun recours ne soit intenté contre eux ou qu'aucune sanction ne leur soit imposée.

Le député péquiste croit que cette situation est notamment provoquée par un «match nul» en matière d'immigration. Il rappelle qu'alors que les immigrants devraient s'intégrer en français dans un endroit où cette langue prédomine, la moitié préfère l'anglais.

Selon lui, le PLQ ne veut pas déplaire à sa base électorale anglophone en multipliant les compromis honteux. M. Blanchet estime que les écoles passerelles sont de nouveau «tolérées» et que des dirigeants de sociétés d'État peuvent désormais être unilingues anglophones.

«Ça devient une espèce de négligence coupable», croit-il.

M. Blanchet rappelle que tous connaissaient intuitivement les résultats du sondage.

«Ils (les libéraux) le savaient mais il ne faisaient rien pour corriger la situation parce qu'ils ne veulent pas se couper de leur clientèle de base.»

Le député rappelle que le PQ a l'intention de réécrire la loi 101, de restaurer son esprit, la renforcer ainsi que de l'appliquer.

M. Blanchet précise que sa formation politique désire notamment abolir les écoles passerelles ainsi que de s'attarder à la francisation des entreprises de 11 à 50 employés.

«On va relire minutieusement la loi et en se demandant "qu'est-ce qui a évolué au cours des 35 dernières années au Québec et qui mérite d'être amélioré?", a-t-il expliqué.

Le député du PQ croit également que l'Office québécois de la langue française doit appliquer plus rigoureusement la loi 101.

«C'est correct que l'Office embauche plus d'inspecteurs, mais si elle n'envoie pas les dossiers au Directeur des poursuites criminelles et pénales et que les contrevenants reçoivent des lettres d'avertissement, ça ne marchera pas», déplore-t-il.

Selon M. Blanchet, l'Office se doit d'envoyer un message clair.

«Lorsqu'il y aura eu quelques cas de poursuites plus spectaculaires, il y a des entreprises qui vont se dire que la loi 101 recommence à être appliquée.»