La transition se fera sous le signe de la continuité, assure Mulcair

Thomas Mulcair

Première Publication: 25/03/2012 11:54 Mis à jour: 25/03/2012 19:51

TORONTO - N'ayez crainte, l'atterrissage se fera en douceur. Si des bouleversements surviendront inévitablement dans les rangs néo-démocrates maintenant que Thomas Mulcair en est le chef, ils ne surviendront pas du jour au lendemain.

Le chef néo-démocrate nouvellement couronné a rallié ses troupes pour un tout premier caucus dimanche, assurant que la transition se ferait sous le signe de la «continuité».

En jeans, décontracté et souriant, Thomas Mulcair a fait son entrée dans la salle de réunion où les députés du Nouveau Parti démocratique (NPD) l'ont applaudi en scandant son nom. Il a immédiatement signalé qu'aucune purge ne figurait dans son programme.

Dans une proportion de 57 pour cent, les militants néo-démocrates ont choisi le député d'Outremont pour remplacer le défunt Jack Layton lors du quatrième tour de scrutin, samedi soir. Au lendemain de cette victoire, M. Mulcair a voulu soulager les angoisses silencieuses de ceux qui appuyaient l'un de ses six adversaires et qui pourraient craindre de perdre leur place.

«Vous allez connaître et reconnaître 98 pour cent des personnes, parce que 98 pour cent des personnes vont rester dans les postes que vous connaissez», a tranché d'emblée le nouveau chef.

Il a souligné qu'il conservera Anne McGrath, l'ancienne chef de cabinet de son prédécesseur, mais a spécifié que ce sera le cas pour la «période de transition». «Et ça, ce sont des bonnes nouvelles pour toute l'équipe.»

Lorsque la session parlementaire reprendra lundi avec M. Mulcair comme chef de l'opposition, tous les porte-paroles du NPD seront chargés du même dossier qu'ils avaient avant son élection.

«Il y aura un repli à Pâques, il y aura des changements pour intégrer notamment les candidats (défaits) à l'équipe. À chaque fois qu'on bouge un morceau, c'est un effet domino, donc on aura à faire ça en cascade», a expliqué M. Mulcair en point de presse à la sortie de son caucus.

L'arrivée de M. Mulcair à la tête du parti a cependant fait une victime collatérale, avec la démission de Brad Lavigne, un stratège du parti de longue date. Ce n'est un secret pour personne au NPD que MM. Mulcair et Lavigne étaient loin d'être amis, mais M. Lavigne assure que sa décision de quitter avait été prise avant que l'on sache qui prendrait les rênes du NPD.

Vers le centre?

Les bouleversements plus profonds devraient survenir à l'automne, alors que le nouveau leader entend passer à l'offensive. M. Mulcair dit refuser de se laisser définir par ses adversaires comme les conservateurs sont parvenus à le faire avec les ex-leaders libéraux Stéphane Dion et Michael Ignatieff. Il souhaite désormais leur faire goûter leur propre médecine.

«À l'automne, le vrai travail commence, un travail de deux ans, de 2012 à 2014, pour bien définir notre adversaire auprès du public, chose dans laquelle ils excellent», a signalé le nouveau chef, sans élaborer davantage sur sa stratégie.

Les conservateurs ont d'ailleurs déjà commencé à s'en prendre au nouveau chef de l'opposition, émettant un communiqué le dépeignant comme un opportuniste.

Le nouveau chef pourrait également entreprendre le chantier qu'il a annoncé vouloir entamer en campagne électorale — celui de dépoussiérer le parti et d'élargir sa base.

«Je demeure un de ceux qui continuent de croire qu'il faut rafraîchir notre discours, moderniser notre approche», a signalé M. Mulcair.

Les termes gauchistes qui peuvent sembler démodés (comme le mot «socialiste» figurant dans le préambule de la constitution du parti), pourraient être renvoyés aux oubliettes.

Car selon M. Mulcair, il faut «utiliser un langage qui plaît non seulement à des initiés (...), mais qui peut plaire et attirer des gens qui partagent notre vision, mais qui trouvent parfois notre choix de terme un peu rébarbatif».

Malgré tout, à leur entrée au caucus en matinée, l'ensemble des députés n'ont pas semblé trop inquiets de l'éventuel positionnement davantage vers le centre que pourrait entreprendre cet ex-ministre du cabinet Charest.

«Je sais que nous allons être fidèles à l'esprit du parti et à son histoire. Je crois profondément aux valeurs progressistes que Jack a mises de l'avant. M. Mulcair est maintenant notre chef et je sais qu'il partage cela aussi», a soutenu Libbye Davies, qui était l'une des plus ferventes partisanes de Brian Topp, l'adversaire principal de M. Mulcair.

Mme Davies, associée à la gauche du parti, gardera son poste de chef-adjoint aux Communes. M. Mulcair choisira bientôt un second chef-adjoint pour lui prêter main-forte.

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Fondateur du NPD au fédéral, il a aussi été premier ministre de la Saskatchewan pendant 17 ans.
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Publié par Patrick White  |