Syrie: les rebelles unifient leurs rangs, le régime pilonne les villes

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Première Publication: 24/03/2012 15:05 Mis à jour: 24/03/2012 15:15

DAMAS, 24 mars 2012 (AFP) - Les chefs l'insurrection ont décidé samedi d'unifier leurs rangs avant une réunion de l'opposition politique déterminée elle aussi à présenter un front uni face au régime syrien, qui pilonne toujours les villes rebelles au prix de dizaines de morts.

Ces initiatives ont été annoncées à la veille d'une mission dimanche à Moscou de l'émissaire de la Ligue arabe et de l'ONU, Kofi Annan, pour parler aux dirigeants russes, alliés du président Bachar al-Assad.

Le colonel Riad Assaad, chef de l'Armée syrienne libre (ASL), composée de militaires dissidents, a annoncé à l'AFP la création d'un Conseil militaire regroupant ses forces avec celles du général Moustapha Al-Cheikh, l'officier dissident parmi les plus haut gradés.

Joint en Turquie, il a affirmé que ce Conseil était "un pas pour garantir l'unité des troupes et des forces armées (de l'opposition) sur le sol syrien" et a appelé tous les militaires dissidents à se placer sous le commandement de ce Conseil.

Le général Al-Cheikh présidera le Conseil militaire, qui restera sous les ordres du colonel Assaad "en charge de l'ensemble des opérations militaires, des bataillons et de tous les conseils militaires des villes qui devraient se placer sous son autorité", selon Khaled Ali, un proche du général Al-Cheikh.

Cette annonce intervient avant une réunion lundi et mardi à Istanbul des courants politiques de l'opposition qui, fragmentée, peine à s'organiser en un front uni contre le régime qui réprime dans le sang depuis un an une révolte populaire désormais de plus en plus militarisée.

Mohammed al-Sarmini, membre du Conseil national syrien (CNS), la principale coalition de l'opposition, a invité l'ensemble des composantes et personnalités de l'opposition à se rendre à Istanbul, dont Haitham al-Maleh, Kamal al-Labwani et la militante Catherine al-Telli, qui avaient démissionné du CNS.

Les indépendants Aref Dalila et Michel Kilo, ainsi que le Comité de coordination national pour le changement national et démocratique (CCNCD), qui regroupe des opposants à l'intérieur de la Syrie, ont également été invités, selon lui.

Dans un communiqué, le CNS a affirmé que la réunion visait à élaborer un "Pacte national pour une nouvelle Syrie", regroupant les "objectifs communs de l'opposition pour mettre fin à la dictature du régime et aboutir à l'objectif final de l'établissement d'un Etat civil et démocratique, pluraliste".

La réunion interviendra avant la tenue le 1er avril à Istanbul de la deuxième conférence des "Amis de la Syrie", en présence de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, pour discuter des moyens d'aider l'opposition et de mettre un terme aux violences qui ont fait plus de 9.100 morts en un an, selon un bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Sur le terrain, la répression ne montrait aucun signe de répit, avec le pilonnage des villes rebelles, alors que les combats entre soldats et déserteurs se sont intensifiés.

Au total, 41 personnes ont péri samedi dans les violences: 24 civils, en majorité à Homs (centre), 15 soldats, et 2 déserteurs, selon l'OSDH.

Les forces du régime ont ainsi bombardé au mortier et à la mitrailleuse lourde Homs, Qousseir et Hama (centre). Dans la province de Hama, elles tentent depuis deux semaines de prendre la localité de Qalaat al-Madiq, selon la même source.

Des combats "très violents" ont en outre eu lieu entre soldats et déserteurs dans la région de Damas et jusque dans certains quartiers de la capitale, selon un militant.

Le régime Assad ne reconnaît pas la contestation et affirme pourchasser des "groupes terroristes" cherchant à semer le chaos dans le pays. Il est resté imperturbable face aux appels internationaux à cesser l'effusion de sang et aux sanctions occidentales dont les dernières, de l'Union européenne, ont visé son épouse, sa mère, sa soeur et la belle-soeur.

Dans ce contexte, M. Annan doit rencontrer dimanche à Moscou le président russe Dmitri Medvedev et son chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov. Il doit se rend aussi mardi en Chine, un autre allié de M. Assad.

Moscou et Pékin ont bloqué deux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression en Syrie mais ils ont voté une déclaration à l'ONU appelant à la fin des violences et exhortant le président Assad ainsi que ses opposants à "appliquer immédiatement" le plan Annan.

Celui-ci prévoit un arrêt des violences par toutes les parties, l'acheminement de l'aide humanitaire et la libération de toutes les personnes détenues arbitrairement.

Mais un règlement en Syrie reste lointain. Le régime syrien n'a toujours pas répondu à l'appel de l'ONU et l'opposition a écarté toute solution avant un départ de M. Assad.

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Publié par Myriam Lefebvre  |