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Le frère de Mohamed Merah et sa compagne transférés au siège de la SDAT

24/03/2012 12:14 EDT | Actualisé 24/05/2012 05:12 EDT

PARIS - Abdelkader Merah, le frère du jeune homme qui a revendiqué les meurtres de sept personnes à Toulouse et Montauban entre le 11 et 19 mars, ainsi que sa compagne ont été transférés du commissariat de Toulouse au siège de la Sous-direction antiterroriste (SDAT) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), a-t-on appris de sources policière et judiciaire.

À l'issue de ce transfert par avion, qui avait vu le couple quitter le commissariat toulousain vers 8h, un cortège de cinq voitures a été vu samedi vers 10h50 entrer dans les bâtiments de la SDAT, a-t-on constaté sur place.

La mère du jeune homme abattu par le RAID a pour sa part été remise en liberté vendredi à 21h40, a-t-on précisé de source judiciaire.

Aucune charge n'a été retenue contre elle.

L'avocat de Zoulhika Aziri, âgée de 55 ans, a indiqué que le quotidien de sa cliente avait été mis «sens dessus dessous».

S'adressant à des reporters dans la ville de Toulouse, Jean-Yves Gougnaud a affirmé que sa cliente était «atterrée» à la suite des événements.

«En aucun moment elle n'aurait pu imaginer que son fils était la personne responsable.»

Ce transfert d'Abdelkader Merah, déjà inquiété par la justice dans le cadre d'une affaire de filière afghane toulousaine en 2007, et de sa compagne pourrait aboutir à un déferrement devant le parquet de Paris à l'issue de leur garde à vue de 96 heures qui avait démarré à Toulouse dans la nuit de mardi à mercredi.

Selon la police et un avocat, Abdelkader Merah aurait célébré la mort de son frère et aurait pu lui venir en aide. Les autorités en matière de contre-terrorisme devraient décider, tôt dimanche, si elles portent des accusations contre celui-ci.

Le frère de M. Merah, Mohamed, est mort sous les balles, jeudi, après un siège de la police lors duquel il a revendiqué l'assassinat de trois enfants juifs, un rabin et trois parachutistes. Le jeune homme a dit s'être associé à al-Qaïda, et a dit à la police qu'il s'était rendu en Afghanistan et au Pakistan pour y être entraîné.

Au Pakistan, des responsables des services de renseignements ont indiqué samedi que 85 musulmans français s'étaient entraînés avec les talibans dans le nord-ouest du pays, et qu'ils tentaient de vérifier si Mohamed Merah faisait partie de ce groupe. Celui-ci s'est rendu au Pakistan en 2011 et dit s'être formé en compagnie d'al-Qaïda au Waziristan.

Il ne s'agit pas de la première fois où Abdelkaber Merah attire l'attention des autorités. Il avait été interrogé, il y a plusieurs années, à propos de ses liens présumés avec un réseau envoyant de jeunes Toulousains en Irak, mais aucune accusation n'avait été portée contre lui à l'époque.

L'avocat de la copine d'Abdelkader Merah, Guy Debuissou, a déclaré que celui-ci avait «célébré» la mort de son frère. Me Debuissou a ajouté que des enquêteurs tentaient de déterminer si Abdelkader pourrait avoir mené Mohamed vers le fondamentalisme, et si «Mohamed était le seul qui avait été sous son influence, ou s'il existe d'autres Mohamed ailleurs».

La compagne d'Abdelkaber a nié toute implication dans le drame, a expliqué Me Debuissou à l'Associated Press. Le couple s'est marié en vertu des coutumes musulmanes en 2006, mais n'est pas allé de l'avant avec la cérémonie civile nécessaire en France pour que le mariage soit reconnu, a-t-il ajouté.

Certaines questions reliées à l'intervention à Toulouse demeurent toujours sans réponse, y compris le moyen utilisé par Merah pour acquérir son arsenal qui comprenait un pistolet-mitrailleur Uzi, et louer une voiture, malgré son absence apparente de revenus.

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