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Il faut consolider le soutien à la formation des adultes, dit Beauchesne

24/03/2012 01:55 EDT | Actualisé 24/05/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Les besoins en main-d'oeuvre que suscitera le Plan Nord du gouvernement Charest montrent l'urgence de consolider le soutien à la formation des adultes, selon le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne.

Selon les données d'Emploi-Québec, la majorité des emplois à combler ou ceux qui le seront dans les prochaines années nécessiteront une formation post-secondaire.

Des 316 000 emplois à créer au Québec d'ici 2020, 77 pour cent seront dédiés à des travailleurs qualifiés. Et déjà, les entreprises du Nord qui annoncent avoir des postes à pouvoir, laissent entendre qu'elles espèrent des candidats qualifiés.

Cette situation est vraie tant pour plusieurs entreprises qui démarrent leurs activités avec le boom économique promis par le Plan Nord que pour les secteurs d'emploi qui vivent actuellement d'importantes des pénuries en lien avec la décroissance démographique.

Les adultes qui retournent en formation le font parfois pour obtenir des postes dans des secteurs prisés, puisque sans qualifications, dans bien des cas, il n'y a pas de chance d'emploi.

Pour d'autres, à la suite de fermeture d'usines par exemple, certains travailleurs adultes et plus âgés doivent parfois reprendre le chemin de l'école pour obtenir des nouveaux appuis. Si l'offre de services existe, elle connaît aussi des ratés.

Tous les adultes qui le désirent n'obtiennent pas l'accès à la formation collégiale voulue. Souvent en raison d'un manque de places.

«L'an dernier, plus ou moins 7000 adultes ont dû être mis sur des listes d'attente parce que nous n'avions plus les ressources pour les accueillir», affirme M. Beauchesne, à la veille de la 10e Semaine québécoise des adultes en formation du 24 mars au 1er avril.

Pour assurer aux établissements de formation de dispenser les services, la Fédération croit que le gouvernement devrait revoir le système d'attribution des enveloppes budgétaires. Actuellement, celles-ci sont fermées et chaque lieu de formation doit planifier ses dépenses en fonction de ce qui est disponible.

«Nous allons rencontrer bientôt la ministre à ce sujet. Nous aimerions que les sommes soient accordées sur la base du nombre d'inscriptions. Nous n'avons pas les moyens comme société de laisser des adultes sur le carreau», ajoute-t-il.

L'accès aux ressources financières n'est pas le seul frein à la formation pour les adultes. La reconnaissance des acquis décourage certains à opter pour un retour aux études.

«Quand un adulte veut faire un DEC, et que les compétences sont déjà présentes, il faudrait éviter de le voir refaire tout le processus à nouveau», affirme M. Beauchesne, qui réclame plus de flexibilité et de souplesse pour les cégeps.

Il plaide aussi pour un accroissement des services d'accueil, de référence et d'accompagnement pour les adultes et les entreprises. De cette manière, il sera plus difficile de cibler les besoins et d'arrimer l'offre de formation à la réalité des entreprises.

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