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Des Français seraient dans des camps terroristes pakistanais, affirme-t-on

24/03/2012 05:59 EDT | Actualisé 24/05/2012 05:12 EDT

DERA ISMAIL KHAN, Pakistan - Des dizaines de musulmans français s'entraînent avec les talibans dans le nord-ouest du Pakistan, soulevant des inquiétudes de futures attaques à la suite des assassinats de sept personnes dans le sud de la France, possiblement effectués par un homme qui a passé du temps de la région, ont annoncé samedi des responsables des services de renseignements pakistanais.

Les autorités enquêtent pour déterminer si Mohamed Merah, le Français de descendance algérienne qui est soupçonné avoir tué trois enfants juifs, un rabbin et trois parachutistes français à Toulouse ce mois-ci, faisait partie de ce groupe à l'entraînement, soutiennent les responsables.

Merah a été tué lors d'une fusillade survenue jeudi avec la police après un siège de 32 heures dans son appartement de Toulouse. Le jeune homme de 23 ans s'est rendu deux fois en Afghanistan en 2010 et au Pakistan en 2011, et a déclaré s'être entraîné avec al-Qaïda au Waziristan, une région pakistanaise où al-Qaïda est bien implantée.

Un haut responsable français au fait de l'enquête a toutefois déclaré vendredi à l'Associated Press qu'en dépit des affirmations de Merah concernant ses liens avec al-Qaïda, il n'y avait pas de signe qu'il «s'était entraîné ou avait été en contact avec des groupes organisés ou des djihadistes».

Des responsables occidentaux s'inquiètent depuis des années que des militants musulmans possédant la citoyenneté européenne visitent le nord-ouest du Pakistan, s'entraînant possiblement pour des missions qui pourraient regrouper entre autres des attaques terroristes en Europe, où ils agiraient comme des «loups solitaires», ou en respectant les ordres d'autres personnes. En 2010 seulement, il était estimé que des dizaines de personnes de ce type s'y trouvaient.

Lors du siège contre son logement, Merah a révélé à la police qu'il avait été entraîné «par une seule personne» lorsqu'il se trouvait au Waziristan, et non pas dans un centre d'entraînement, pour ne pas être ciblé parce qu'il parlait français, a déclaré au journal Le Monde le directeur du service de renseignements DCRI, Bernard Squarcini.

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