Syrie: affrontements près de la frontière turque

Syria

Première Publication: 23/03/2012 04:38 Mis à jour: 23/03/2012 17:27

BEYROUTH - Des dizaines de milliers de Syriens ont bravé les gaz lacrymogènes et les tirs pour manifester dans plusieurs villes du pays, vendredi, promettant de s'emparer de la capitale pour renverser le président Bachar el-Assad, alors que l'Union européenne a accru la pression en imposant des sanctions à la femme du président et à d'autres proches du régime.

Les forces de sécurité se sont déployées dans plusieurs villes du pays pour disperser les manifestations, mais d'après les informations fournies vendredi soir par les militants, aucun manifestant n'a été tué au cours de la journée. Au moins 23 civils ont toutefois été tués par les forces gouvernementales vendredi, notamment lors du pilonnage de régions rebelles. Des affrontements entre soldats et déserteurs de l'armée ont aussi fait une quinzaine de morts.

Les condamnations internationales et les efforts diplomatiques de haut niveau n'ont pas permis de mettre fin à la crise en Syrie, qui a fait plus de 8000 morts en un an, dont une majorité de civils, selon l'ONU.

L'UNICEF a annoncé vendredi qu'au moins 500 enfants avaient été tués dans le conflit en Syrie, en plus de centaines d'autres qui ont été blessés, arrêtés ou maltraités. L'agence de protection de l'enfance souligne que les écoles sont fermées et qu'il est devenu trop dangereux pour les familles de se rendre dans les centres de santé.

Les sanctions imposées vendredi visent Asma el-Assad, la première dame syrienne, née au Royaume-Uni. Elle n'a plus le droit de se rendre dans les pays de l'Union européenne et tous ses avoirs dans l'UE ont été gelés. Les sanctions visent aussi la mère du président, sa soeur, sa belle-soeur et huit ministres du gouvernement.

Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a estimé que les sanctions affaiblissaient le régime. «La situation économique est de plus en plus difficile», a-t-il dit. «Nous pensons qu'elle va devenir intenable.»

Les sanctions adoptées jusqu'à maintenant ont nui à l'économie syrienne mais elles ne semblent pas avoir eu beaucoup d'effet sur les actions du régime. Des organisations de défense des droits de la personne accusent les forces gouvernementales de tirer à l'arme lourde sur des zones civiles, et de torturer et tuer des détenus pour tenter d'écraser la révolte populaire, que le régime attribue à des terroristes et à un complot étranger.

Les forces du régime ont continué de pilonner des zones rebelles vendredi. Des militants ont rapporté d'intenses tirs d'artillerie lourde et de mitrailleuses dans la province de Homs, dans le centre du pays, d'Idlib, dans le nord, et de Deraa, dans le sud.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, établi à Londres, au moins 23 civils ont été tués dans les attaques des forces gouvernementales vendredi. Les forces du régime et des rebelles armés se sont affrontés dans plusieurs régions, des combats qui ont tué au moins 13 soldats et trois rebelles, d'après l'Observatoire.

Un autre groupe militant, les Comités locaux de coordination, a affirmé que les soldats avaient tué 36 civils vendredi, sans donner de détails sur les circonstances des incidents.

Le directeur de l'Observatoire, Rami Abdul-Rahman, a indiqué vendredi soir n'avoir reçu aucune information sur des manifestants tués durant la journée, affirmant qu'il s'agissait d'une situation inhabituelle depuis le début du soulèvement. «Nous aimerions que ce soit ainsi chaque fois parce que nous ne voulons pas que les gens meurent», a-t-il dit.

SUIVRE LE Québec

Publié par Patrick White  |