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Le sergent Bales formellement accusé de 17 meurtres prémédités en Afghanistan

23/03/2012 04:32 EDT | Actualisé 23/05/2012 05:12 EDT

KABOUL - Le sergent américain Robert Bales, soupçonné d'avoir tué 17 villageois dans le sud de l'Afghanistan, a été formellement accusé vendredi de 17 meurtres prémédités, a annoncé l'armée américaine.

Le soldat, âgé de 38 ans, est accusé d'être sorti de sa base armé d'un pistolet 9mm et d'une carabine M4 munie d'un lance-grenades avant l'aube le 11 mars, avant de tuer neuf enfants afghans et huit adultes. Il aurait également brûlé certains des corps. Il s'agit de la pire tuerie de civils perpétrée par un Américain en Afghanistan, un incident qui a sérieusement refroidi les relations entre les deux pays à une période critique de la guerre.

Le motif des meurtres n'a pas été établi, mais l'incident a attiré l'attention sur la santé mentale des militaires, touchés par un taux de suicide record et un taux élevé de stress post-traumatique et de traumatismes crâniens après des missions répétées en Irak et en Afghanistan.

Six autres Afghans — un homme, une femme et quatre enfants — ont été blessés dans l'incident, survenu dans le district de Panjwai, dans la province de Kandahar, berceau des talibans.

Le sergent Bales est aussi visé par six accusations de tentative de meurtre et six accusations de voies de fait graves, selon le colonel Gary Kolb, porte-parole des forces américaines en Afghanistan.

Robert Bales, père de deux enfants, originaire de Lake Tapps, dans l'État de Washington, a été informé des 29 accusations portées contre lui peu après midi dans la prison militaire où il est détenu à Fort Leavenworth, au Kansas.

Son avocat civil, John Henry Browne, a estimé vendredi que le gouvernement aurait du mal à faire la preuve des accusations portées contre son client, puisqu'il n'y a «pas de scène de crime» et peu de preuves physiques, comme des empreintes digitales. Me Browne a précisé que l'état mental de son client serait un élément important du dossier.

Lors de l'incident, le sergent Bales en était à sa quatrième mission à l'étranger, après avoir servi à trois reprises en Irak, où il a été blessé à la tête et aux pieds.

La décision de l'accuser de meurtres prémédités laisse penser que les procureurs envisagent de plaider qu'il a consciemment planifié son geste. La peine maximale pour un meurtre prémédité est la peine de mort, a précisé le colonel Kolb. La peine minimale est la prison à vie avec possibilité de libération conditionnelle.

Les experts estiment toutefois que la peine de mort est peu probable dans ce dossier. L'armée n'a exécuté aucun soldat depuis 1961.

Un haut responsable militaire américain a déclaré vendredi que le sergent Bales avait bu de l'alcool dans les heures ayant précédé l'attaque, en violation des règles militaires qui interdisent la consommation d'alcool en zone de guerre.

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