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Le pape Benoît XVI dénonce la violence au Mexique et critique le marxisme à Cuba

23/03/2012 03:32 EDT | Actualisé 23/05/2012 05:12 EDT

SILAO, Mexique - Le pape Benoît XVI a entamé son périple en Amérique latine, vendredi, en dénonçant «l'idolâtrie de l'argent» qui alimente la violence liée au trafic de drogue au Mexique et en appelant les Cubains à abandonner le marxisme «qui ne correspond plus à la réalité».

Le président mexicain Felipe Calderon et la première dame Margarita Zavala ont accueilli le pape à son arrivée à Leon, dans l'État de Guanajuato. Ils l'ont escorté sur un tapis rouge au milieu de la foule qui agitait des drapeaux du Vatican. Des milliers de personnes s'étaient rassemblés sur la route de l'aéroport pour le saluer.

Le pape est sorti de l'avion sans utiliser la canne sur laquelle il s'appuyait quand il est monté dans l'avion à Rome. Des membres de son entourage ont expliqué qu'il utilisait une canne en privé depuis deux mois pour des questions de confort personnel et non pour des raisons de santé.

Plus tôt dans la journée, devant des journalistes qui l'accompagnaient dans l'avion qui l'emmenait vers le Mexique, le pape a dénoncé l'«idolâtrie de l'argent» derrière les violences liées au trafic de drogue, qui ont fait 47 000 morts dans le pays depuis que les autorités ont lancé une campagne de répression contre les narcotrafiquants, en 2006.

Au sujet de Cuba, où il doit se rendre lundi, le pape a déclaré, en réponse à la question d'un journaliste, qu'il était «évident que l'idéologie marxiste telle qu'elle a été conçue ne répond plus à la réalité». Il a appelé les Cubains à «trouver de nouveaux modèles, avec patience et d'une manière constructive».

Questionné sur les informations voulant que les dissidents cubains soient régulièrement harcelés et arrêtées, notamment dans les semaines qui ont précédé sa visite, Benoît XVI a affirmé que l'Église voulait «aider l'esprit du dialogue pour éviter un traumatisme et aider à la création d'une société juste et fraternelle», à Cuba et dans le reste du monde.

«Nous voulons collaborer en ce sens, et il est évident que l'Église est toujours du côté de la liberté, la liberté de conscience, la liberté de religion», a-t-il dit.

Benoît VXI a souligné que la visite de son prédécesseur Jean Paul II à Cuba avait ouvert la voie à un lent processus de dialogue et de coopération entre l'Église et le gouvernement cubain.

Interrogé sur la déclaration du pape, le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a déclaré que son gouvernement respectait toutes les opinions. «Nous considérons que l'échange d'idées est utile», a-t-il dit. «Notre peuple a des convictions profondes développées au fil de notre histoire.»

Le pape a par ailleurs estimé que la violence détruisait la jeunesse mexicaine.

La «grande responsabilité de l'Église est d'éduquer la conscience, d'enseigner la responsabilité morale et de faire tomber le masque de l'idolâtrie de l'argent qui réduit en esclavage l'humanité, et de démasquer la fausse promesse, ce mensonge qui est derrière» la culture de la drogue, a déclaré Benoît XVI.

C'est un message qu'Enrique Abundes voulait entendre. L'ouvrier de 46 ans, père de cinq enfants, qui est venu accueillir le pape à Leon, a dit espérer que Benoît XVI convaincrait les Mexicains d'éloigner leurs enfants des tentations du crime.

«La visite du pape dans notre ville attirera l'attention sur la violence et (nous incitera) à être de bons exemples pour nos enfants», a-t-il dit.

Plusieurs entreprises et écoles de Leon avaient fermé pour la journée dans l'attente de l'arrivée du pape, tandis que des milliers de personnes des régions avoisinantes ont convergé vers la ville en autocar pour assister à l'événement.

Maria Jesus Caudillo s'est présentée très tôt avec ses quatre nièces et neveux pour trouver une place sur la route de la «papemobile».

«Jean Paul II est venu au Mexique mais pas à Leon, et ce pape n'est encore jamais venu, a-t-elle dit. C'est un miracle qu'il ait choisi Leon parmi toutes les villes du pays.»

Des volontaires encourageaient la foule à crier «Benedicto! Benedicto!», alors que des automobilistes passaient en klaxonnant. Des vendeurs proposaient des épinglettes à l'effigie du pape, des t-shirts, des drapeaux du Vatican et des porte-clés avec l'image du pape et de la Vierge de Guadalupe, sainte patronne du Mexique.

Jusqu'à 300 000 fidèles devraient assister à la messe en plein air que le souverain pontife doit célébrer dimanche à Leon, selon des responsables de l'Église.

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