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Le maire Tremblay veut discuter avec Québec du partage des coûts de la police

23/03/2012 03:25 EDT | Actualisé 23/05/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Au lendemain d'une méga-manifestation qui a entraîné des coûts importants pour les services policiers, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a rappelé sa volonté d'avoir «des discussions» avec le gouvernement du Québec sur des dépenses de ce type qui sont encourues par la Ville.

Le maire a toutefois refusé de dire clairement s'il demanderait au gouvernement du Québec de partager avec lui la facture des services policiers lors des manifestations étudiantes, puisque Montréal a été le théâtre de manifestations étudiantes quasi quotidiennes depuis un mois. Or, ces manifestations ont été provoquées par une décision du gouvernement du Québec, soit la hausse des droits de scolarité et son refus de discuter avec les étudiants.

Interrogé à ce sujet vendredi, après qu'il eut participé à une conférence de presse sur un autre sujet, le maire de Montréal s'est fait prudent.

«La démocratie, elle a un prix. Partant de là, le gouvernement du Québec est très au courant des coûts additionnels pour la ville de Montréal des manifestations, et également d'autres services de sécurité qu'on doit mettre en place. On aura des discussions sur ce sujet-là au moment opportun», a d'abord indiqué le maire Tremblay.

Il n'a pas précisé le coût des heures supplémentaires des policiers et des effectifs supplémentaires qui ont été requis pour les nombreuses manifestations, fermetures de routes et de ponts, ces dernières semaines.

«On a des idées des coûts, mais je ne veux pas rentrer dans une question de coûts, parce que pour moi, la démocratie n'a pas de prix», a-t-il dit.

Quand on lui a demandé clairement s'il demanderait au gouvernement du Québec de payer une partie de la facture des services policiers requis pour ces manifestations étudiantes, le maire a répondu: «on n'en est pas là présentement. Je pense qu'il y a un dilemme qui doit être résolu. On a déjà fait des demandes à Québec, dans le passé, parce qu'on avait un niveau 5 de police, mais je ne veux pas commencer à mêler les dossiers. L'important, c'est qu'on trouve une solution concrète pour qu'il y ait de moins en moins de manifestations à Montréal.»

Interrogé plus tard, le ministre des Finances, Raymond Bachand, a objecté que Montréal a l'avantage d'avoir quatre universités, donc des milliers d'étudiants qui stimulent son économie, et qu'elle a donc aussi le désavantage d'avoir à l'occasion des manifestations de ces mêmes étudiants.

«Je comprends le maire Tremblay quand il dit ça. Par ailleurs, le fait qu'on ait quatre grandes universités à Montréal, les grandes écoles et les grands centres de recherche, c'est un grand plus pour la métropole aussi. Alors quand ils sont contents, c'est un dynamisme économique pour Montréal, et quand ils manifestent, il y a des coûts pour la police», a commenté le ministre Bachand.

Le ministre a toutefois laissé entendre que le dossier n'était pas clos. «Il y a des enjeux au niveau du coût de la police de Montréal pour d'autres raisons et je sais que mon collègue Robert Dutil (ministre de la Sécurité publique) va les rencontrer.»

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