Keystone XL au sud: Obama souhaite une accélération du mécanisme d'approbation

Keystone

Première Publication: 22/03/2012 12:23 Mis à jour: 22/03/2012 15:27

WASHINGTON - Le président américain Barack Obama a demandé jeudi aux agences réglementaires fédérales d'accélérer les mécanismes d'approbation pour la construction de la portion sud de l'oléoduc Keystone XL de TransCanada.

Le processus d'approbation pour la construction d'un oléoduc peut prendre jusqu'à un an, un délai que M. Obama souhaite voir amputer de plusieurs mois.

«J'ai demandé aujourd'hui à mon administration d'éliminer les barrières bureaucratiques pour que ce projet devienne prioritaire», a dit M. Obama.

Le président a pris la parole jeudi à Cushing, dans l'Oklahoma, avec en arrière-plan des piles de tuyaux qui doivent être utilisés par TransCanada pour construire ce tronçon de 780 kilomètres qui relierait cette ville aux raffineries du golfe du Mexique. Ce projet devrait régler un problème d'engorgement dans l'acheminement du pétrole produit par les États du Midwest vers ces raffineries du Texas. Mais il permettra aussi d'acheminer le pétrole brut provenant de l'Alberta.

Plus tôt cette année, le président Obama a retardé la construction de l'oléoduc Keystone XL en réponse, notamment, aux préoccupations exprimées par différents groupes environnementaux.

La construction du tronçon sud devrait maintenant commencer en juin. TransCanada, dont le siège social se trouve à Calgary, a dit espérer compléter ces travaux de 2,3 milliards $ l'an prochain.

Les consommateurs américains sont confrontés à une flambée du cours du carburant à la pompe, et Barack Obama — en cette année d'élection présidentielle — se défend d'avoir délaissé la production intérieure au profit des projets d'énergie verte.

M. Obama s'est déclaré fermement en faveur de la production américaine de pétrole.

«La production de plus de pétrole et de gaz naturel, ici chez nous, a été et continuera d'être une composante importante de notre stratégie, a-t-il lancé jeudi. Ceux qui prétendent que nous freinons la production intérieure de pétrole ont raté quelque chose.»

Il a ensuite promis d'étudier soigneusement toute nouvelle demande de permis présentée par TransCanada, affirmant que les tactiques républicaines ne lui ont laissé d'autre choix en février que de rejeter le projet Keystone XL tel que présenté.

«Tant que je serai président, nous continuerons à encourager le développement du pétrole et des infrastructures de manière à protéger la sécurité et la santé du peuple américain», a-t-il dit.

Le porte-parole de TransCanada, Shawn Howard, estime néanmoins que l'annonce de M. Obama est de bon augure. «Il s'agit d'un progrès important pour le projet de la côte du golfe du Mexique, a-t-il dit. On reconnaît maintenant qu'il s'agit d'une composante essentielle de l'infrastructure énergétique de l'Amérique du Nord.»

Selon lui, cette annonce permet de croire que l'administration Obama est favorable à la totalité du projet Keystone XL.

«Ultimement, on reconnaît que les raffineries de la côte du golfe du Mexique et du Midwest ont besoin de plus de pétrole canadien et américain, a-t-il dit. C'est simplement un fait, ça ne changera pas, et d'envoyer du pétrole qui provient du Canada et des États-Unis vers ces raffineries remplacera le pétrole brut qui provient de régions qui sont souvent hostiles aux intérêts américains.»

Cette décision survient quelques heures après que des dirigeants de l'industrie pétrolière américaine eurent pressé Barack Obama, à la veille de sa visite à Cushing, de donner le feu vert à la construction de la totalité du pipeline, et pas seulement à une portion.

Dans une lettre ouverte publiée mercredi dans le quotidien The Oklahoman, les dirigeants américains ont indiqué que le projet devrait recevoir son approbation dès maintenant et pas «après l'élection» présidentielle.

La cour d'emmagasinage de Cushing abrite les tuyaux qui doivent être utilisés pour la construction du pipeline reliant les États producteurs de pétrole jusqu'aux raffineries texanes du golfe du Mexique. Pour l'instant, le transport vers le sud du pétrole brut provenant du Dakota du Nord et du Montana, notamment, est entravé par la capacité insuffisante des oléoducs existants et par une pénurie de wagons-citernes.

Les environnementalistes organisent depuis des mois des campagnes pour protester contre la construction du pipeline Keystone XL, dénonçant le transport du pétrole issu des sables bitumineux de l'Alberta, qu'ils qualifient de «pétrole sale», à travers six États américains, jusqu'aux raffineries texanes.

Le département d'État américain doit encore prendre une décision quant à la construction de la totalité de l'oléoduc, affirmant avoir besoin de plus de temps pour mener des études environnementales approfondies sur les effets d'un nouveau tracé traversant un aquifère fragile du Nebraska.

En novembre, le département d'État avait reporté à après l'élection présidentielle sa décision, à cause de ses inquiétudes concernant l'aquifère. Or, plusieurs ont accusé Barack Obama de poser un geste visant à calmer les environnementalistes qui constituent la base partisane du président démocrate, tout en augmentant ses chances d'être réélu.

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Publié par Patrick White  |