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L'eau sera une importante source de conflits dans les années à venir

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EAU CONFLITS FUTUR
Les sécheresses, les inondations et le manque d'eau potable pourraient causer une instabilité mondiale. (Shutterstock) | Shutterstock

WASHINGTON - Les sécheresses, les inondations et le manque d'eau potable pourraient causer une instabilité mondiale significative et des conflits au cours des prochaines décennies, alors que les pays en développement tenteront de répondre à la demande d'une population en forte croissance tout en affrontant les effets des changements climatiques, affirment les agences américaines de renseignement dans un rapport diffusé jeudi.

Selon rapport, qui reflète l'avis des différentes agences fédérales de renseignement, le risque que des conflits liés à l'eau provoquent des guerres dans les 10 prochaines années est minime, même si ces conflits créeront des tensions et menaceront les marchés alimentaires nationaux et internationaux. Mais à partir de 2022, le rapport estime que l'utilisation de l'eau comme arme de guerre sera plus probable, particulièrement en Asie du Sud, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Le rapport s'appuie sur une estimation de la sécurité de l'eau réclamée par la secrétaire d'État Hillary Clinton et complétée l'automne dernier. Le rapport affirme que les inondations et l'eau insuffisante ou de mauvaise qualité, combinées à la pauvreté, aux tensions sociales, à la mauvaise gouvernance et à la faiblesse des gouvernements, contribueront à l'instabilité, qui pourrait mener à la faillite de plusieurs États.

Ces éléments «vont probablement augmenter le risque d'instabilité et de faillite des États, exacerber les tensions régionales et empêcher les pays de travailler avec les États-Unis sur des objectifs importants», affirme le rapport, diffusé par le département d'État dans la cadre de la Journée mondiale de l'eau.

Mme Clinton, qui a dévoilé un nouveau programme visant à partager avec le reste du monde l'expertise américaine en matière de gestion de l'eau, a estimé que les conclusions du rapport donnaient à réfléchir.

«Ces menaces sont réelles et elles soulèvent de sérieuses questions sur la sécurité», a-t-elle dit.

Le rapport note que certains pays ont déjà tenté de résoudre des conflits liés à l'eau par la négociation, mais que cela pourrait changer quand les pénuries d'eau deviendront plus graves.

Le rapport prédit que les pays situés en amont des cours d'eau limiteront l'accès à l'eau de leurs voisins en aval pour des raisons politiques, et que les gouvernements utiliseront les réserves internes d'eau pour supprimer les mouvements séparatistes et les populations dissidentes.

Des terroristes ou des États voyous pourraient également viser ou menacer des infrastructures liées à l'eau, comme des barrages et des réservoirs, prédit le rapport.

Le rapport n'identifie pas les pays les plus à risque, mais souligne que l'étude s'est concentrée sur des bassins hydrauliques spécifiques. La zone étudiée comprend le Nil en Égypte, au Soudan et dans les pays plus au sud, le Tigre et l'Euphrate en Irak et au Moyen-Orient, le Mékong en Chine et en Asie du Sud-Est, le Jourdain qui sépare Israël des Territoires palestiniens, l'Indus et le Brahmapoutre en Inde et en Asie du Sud, ainsi que l'Amou Daria en Asie centrale.