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Commission Charbonneau: les députés québécois pressent la GRC de collaborer

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QUÉBEC - L'Assemblée nationale a réclamé jeudi que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) collabore à la commission Charbonneau sur la construction.

Les députés ont adopté à l'unanimité une motion pour que la GRC partage avec la commission des éléments d'enquête sur le crime organisé, ce que le corps policier a refusé jusqu'ici.

Lors d'un point de presse précédant l'adoption de la motion, le ministre de la Sécurité publique Robert Dutil avait déjà indiqué qu'il souhaitait que la GRC collabore avec la commissaire France Charbonneau.

«On souhaite que tout le monde collabore, ça inclut la GRC», a-t-il dit.

Selon la GRC, la commission Charbonneau, créée par le gouvernement québécois, n'a aucun pouvoir de contraindre le corps policier fédéral à lui ouvrir les dossiers de son enquête Colisée.

L'opération policière, qui a duré plus de trois ans, visait à freiner l'expansion et le développement du crime organisé au Canada.

Le député de Québec solidaire Amir Khadir, qui a initié la motion, a déclaré que le refus de la GRC servirait les intérêts des mafieux et nuirait au travail de la commission.

«Ça l'affaiblirait grandement, c'est sûr, a-t-il dit. C'est sûr que l'impact serait considérablement amoindri, et ça servirait l'intérêt de la mafia puis l'intérêt de ces corrompus du milieu de la construction et de ceux qui les protègent.»

La GRC a présenté la semaine dernière en Cour supérieure une requête pour casser une citation à comparaître acheminée par la commission Charbonneau à son responsable des enquêtes criminelles au Québec, Gaétan Courchesne.

Mardi, le procureur-chef de la commission, Sylvain Lussier, a déclaré que le refus de la GRC aurait des conséquences importantes car cela retarderait le travail de sa petite équipe de procureurs et d'enquêteurs.

La commission Charbonneau a été mandatée en octobre dernier pour enquêter sur des allégations de malversations dans le secteur de la construction.

Un des aspects de son mandat consiste à dresser un portrait de possibles activités d'infiltration de l'industrie de la construction par le crime organisé.

La GRC dispose d'informations à ce sujet puisqu'en 2010, un de ses officiers avait affirmé dans le cadre d'un procès en Italie que la mafia montréalaise percevait une quote-part de cinq pour cent sur des contrats publics obtenus par des entrepreneurs en construction.

M. Khadir a affirmé mardi que le refus de la GRC est «assez incompréhensible» et «heurte l'intelligence».

«Un corps de police qui a enquêté sur la mafia, qui a enquêté sur la criminalité devrait avoir comme premier objectif de faire en sorte que son enquête puisse porter ses fruits pleinement», a-t-il dit.