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Indemnisation des victimes d'actes criminels: Isabelle Gaston fait bouger Québec

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ISABELLE GASTON PETITION
Isabelle Gaston est venue déposer une pétition de près de 32 000 noms de personnes favorables à sa requête. (PC) | CP

QUÉBEC - Les proches des victimes d'actes criminels seront mieux indemnisés et auront droit à davantage de soutien de l'État à la suite d'une tragédie.

Québec donnera donc suite à la croisade entreprise par Isabelle Gaston, dans sa bataille pour réclamer du gouvernement plus de compassion envers ceux qui subissent des tragédies comme celle qu'elle a vécue. Mme Gaston était la mère des deux enfants assassinés par son ex-conjoint Guy Turcotte.

Ce dernier a poignardé à mort les deux enfants du couple, Olivier, 5 ans, et Anne-Sophie, 3 ans, en février 2009.

Mercredi, en point de presse à Québec, entourée de deux députés du Parti québécois venus l'appuyer, Mme Gaston est venue déposer une pétition de près de 32 000 noms de personnes favorables à sa requête. La pétition a été déposée à l'Assemblée nationale par le député de Prévost, Gilles Robert.

«Pour une fois depuis longtemps, je trouve que le soleil brille un peu plus fort», a dit Mme Gaston, la voix chevrotante, après avoir appris que Québec cédait à plusieurs de ses demandes.

Peu après, le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, a annoncé en point de presse que Québec allait bonifier le régime d'indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC), à hauteur de 500 000 $ par année à compter de maintenant et que la loi allait être modifiée en ce sens.

Ainsi, le montant versé par Québec pour acquitter les frais funéraires des disparus, actuellement de 3300 $, passera à 4800 $.

L'indemnité forfaitaire versée pour enfant à charge décédé passera de 2000 $ à 10 000 $.

Les proches pourront aussi réclamer le remboursement du nettoyage de la scène de crime.

De plus, le nombre de séances de psychothérapie remboursables par l'État passera de 20 à 30.

Le ministre Fournier a cependant refusé de donner suite à une des demandes de Mme Gaston, à savoir de faire en sorte que les proches des victimes d'actes criminels obtiennent le statut de victimes aux yeux de la loi. La facture aurait été alors trop élevée, a-t-il dit pour justifier son refus.

Il s'est empressé de rappeler que le Québec offrait déjà le régime d'indemnisation des victimes «le plus généreux au Canada», sans commune mesure avec ce que prévoient les autres provinces.

M. Fournier n'a pas caché que le drame subi par les enfants du couple Gaston-Turcotte et la bataille menée par la suite par Mme Gaston étaient à l'origine de la sollicitude de l'État.

«Il n'y a pas de honte à se dire que parfois il y a des événements qui nous font prendre conscience qu'on doit aller un peu plus rapidement sur une réflexion entamée. On est tous des humains», a-t-il commenté.

Comme mesure additionnelle souhaitée, Québec demande à Ottawa de modifier le régime d'assurance-emploi en versant aux parents de victimes d'actes criminels une «prestation de compassion».

Mme Gaston s'est montrée satisfaite de l'annonce du ministre Fournier, qu'elle a qualifiée de «victoire», tout en disant ne pas comprendre pourquoi Québec n'avait pas agi plus tôt et pourquoi il avait été nécessaire de lui forcer la main.

«Cest dommage», a-t-elle dit, déplorant avoir dû se battre «et que d'autres avant moi le fassent» pour faire bouger Québec dans le sens de mieux indemniser les proches des victimes d'actes criminels.