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Des syndiqués d'Aveos à Québec pour rencontrer des élus

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AVEOS
Plusieurs dizaines de travailleurs mis à pied d'Aveos vont plaider leur cause auprès de politiciens provinciaux, à Québec. | ap

QUÉBEC - Aiguillonné par une motion du Parti québécois, le premier ministre Jean Charest a menacé mercredi de poursuivre le gouvernement fédéral pour maintenir les emplois de 1800 travailleurs spécialisés dans l'entretien d'avions à Montréal.

Les députés de l'Assemblée nationale ont appuyé à l'unanimité, mercredi, les employés d'Aveos congédiés cette semaine malgré une loi fédérale qui devrait assurer le maintien de leur atelier d'entretien d'avions.

Environ 200 syndiqués s'étaient déplacés pour manifester devant le parlement de Québec, où ils ont été informés de l'adoption d'une motion unanime affirmant que le gouvernement prendra tous les moyens juridiques pour sauver leurs emplois.

Plusieurs travailleurs avaient les larmes aux yeux lorsqu'ils ont appris l'appui des parlementaires à leur combat contre leur congédiement par Aveos, un sous-traitant d'Air Canada qui a acheté au transporteur aérien les actifs de son service d'entretien, en 2007.

Les employés ont toutefois résisté à ce transfert, auquel ils n'ont finalement pas pu s'opposer, ce qui les a contraints à devenir en juillet dernier des employés d'Aveos.

Lors d'un point de presse, le porte-parole péquiste en matière de transports, Nicolas Girard, a affirmé que la motion qu'il a présentée vise à faire respecter les engagements légaux d'Air Canada envers le maintien de ses services d'entretien.

«(M. Charest) doit entreprendre très rapidement des poursuites judiciaires contre Air Canada, c'est ça son obligation, a-t-il dit. On souhaite aussi qu'il téléphone dès maintenant à M. Harper pour lui demander aussi d'entreprendre des poursuites judiciaires.»

En Chambre, M. Charest a déclaré que tous les recours sont examinés, incluant contre le gouvernement fédéral, qui est responsable de faire respecter la Loi sur la participation publique au capital d'Air Canada, adoptée en 1988.

«Nous allons effectivement examiner tous les recours qui nous sont disponibles, incluant la possibilité de prendre des recours juridiques contre le gouvernement fédéral, a-t-il dit. On ne ferme pas cette porte-là parce que notre premier objectif, c'est d'aider les travailleurs d'Aveos.»

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, s'est montré favorable à la voie juridique mais il a suggéré au gouvernement québécois de proposer sa participation financière à Air Canada afin que le transporteur redémarre l'entreprise d'entretien et de révision.

«M. Charest doit s'impliquer personnellement pour rencontrer la direction d'Air Canada, parce qu'on ne passera pas par une coquille qui s'appelle Aveos qui a 90 pour cent de ses contrats d'Air Canada», a-t-il dit, en indiquant que l'État pourrait aller jusqu'à devenir actionnaire de l'entreprise.

Aux travailleurs, le ministre du Développement économique, Sam Hamad, a déclaré qu'un front commun se dessine avec l'Ontario et le Manitoba où Aveos a aussi fermé des ateliers.

«Vous avez une bonne cause, vous méritez l'appui de tous les députés à l'Assemblée nationale, a-t-il dit. (...) On va travailler sur deux axes: maintenir la compagnie ouverte et aussi trouver les recours juridiques nécessaires.»

Mardi, M. Hamad avait déjà indiqué que le gouvernement québécois pourrait s'engager dans un recours judiciaire contre Air Canada, pour forcer l'entreprise à sous-traiter avec Aveos.

Mercredi, Jean Poirier, président-directeur général du district 140 de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale (AIMTA), a déclaré qu'en transférant ses employés d'entretien à Aveos, Air Canada voulait contourner la loi qui l'oblige à maintenir son service d'entretien au pays.

«Air Canada a utilisé une tactique, ils sont arrivés à leurs fins, ils ont mis les employés de la maintenance dehors», a-t-il dit.

Selon M. Poirier, en refusant de s'impliquer dans le dossier, les conservateurs à Ottawa sont complices de cette manoeuvre.

En fin de journée, le ministre fédéral des Transports, Denis Lebel, a convoqué une conférence téléphonique pour affirmer qu'il suivait la situation.

«La loi c'est la loi, a-t-il dit. En vertu de la Loi sur la participation publique au capital d'Air Canada, ils sont tenus de maintenir des centres d'entretien et de révision à Montréal, Mississauga et Winnipeg. On va suivre les développements concernant tout ça, on va examiner les avis qu'on reçoit. Pour l'instant, il n'y a personne qui dit qu'ils ne rencontrent pas la loi.»

Les événements se sont précipités cette semaine pour les 2600 employés d'Aveos à travers le Canada. L'entreprise a cessé ses activités dimanche, pour annoncer lundi qu'elle se plaçait sous la protection du tribunal en vue d'en arriver à une entente avec ses créanciers. Mardi, Aveos a amorcé une liquidation de ses actifs.

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