Cagoules dans les manifs: le maire Tremblay annonce une révision des règles

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GERALD TREMBLAY
Le maire Gérald Tremblay. (Photo AFP) | AFP/Getty Images

MONTRÉAL - L'administration du maire Gérald Tremblay et l'opposition au conseil municipal de Montréal unissent leur voix pour condamner le port de la cagoule lors des manifestations dans la métropole.

En point de presse à l'hôtel de ville, lundi, le maire Tremblay a annoncé qu'il avait mandaté la Commission de la sécurité publique pour évaluer, d'ici le 30 avril, les modifications possibles à apporter aux règlements municipaux qui encadrent les manifestations.

La Ville a ainsi indiqué qu'elle voulait serrer la vis aux casseurs, dans la foulée d'une autre manifestation qui a dégénéré, jeudi dernier à Montréal. La manifestation annuelle du Collectif opposé à la brutalité policière s'était alors soldée par plus de 200 arrestations et plusieurs actes de vandalisme, posés pour la plupart par des gens masqués.

«Je l'ai dit, je le redis: je m'attends à ce que les gens qui veulent manifester — et qui ont des revendications légitimes — doivent le faire à visage découvert», a-t-il laissé tomber, lundi après-midi, ajoutant avoir donné un mandat «très clair» à la Commission.

Il a aussi vanté son bilan, soutenant qu'aucune autre administration n'avait fait autant au chapitre de la démocratie participative.

Le maire de l'arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, et la chef de Vision Montréal, Louise Harel, avaient assuré samedi qu'ils appuyaient la position de la Ville, a rappelé M. Tremblay.

Un peu plus tôt en journée, lundi, Mme Harel avait plaidé que si les policiers anti-émeute devaient afficher leur identité — en portant leur matricule bien en vue —, il était naturel d'en exiger tout autant des manifestants.

La situation à Montréal n'est pas celle qui prévaut en Syrie, a-t-elle estimé, en expliquant que la cagoule n'était pas justifiée dans les manifestations.

«Les manifestants ne risquent pas de se faire torturer ici, et il faut reconnaître que le port de la cagoule, c'est effrayant pour la plupart des citoyens. On se demande pourquoi ils se cachent, parce que nous sommes dans une société qui permet l'expression de ses idées», a-t-elle dit.

Au cours des quatre heures qu'a durées la manifestation de jeudi, sept policiers et deux citoyens ont été légèrement blessés. Et sur les 2000 personnes qui ont pris part au rassemblement, ils ont été 226 à se faire passer les menottes. Les marches contre la brutalité policière se traduisent bien souvent par des heurts entre manifestants et policiers, l'édition 2011 ayant conduit à plus de 250 arrestations.

Le maire Tremblay avait fait connaître son ras-le-bol au lendemain de la manifestation de jeudi dernier, lançant que sa patience avait atteint ses limites. Il avait alors réitéré que la Ville avait multiplié les avancées en matière de démocratie participative, déplorant du même souffle se retrouver constamment dans une «situation perdante».

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