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Syrie: tirs sur les manifestants, affrontements armés près de Damas

16/03/2012 04:58 EDT | Actualisé 15/05/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Les forces de Bachar el-Assad ont ouvert le feu sur plusieurs manifestations vendredi en Syrie, faisant un mort et plusieurs blessés, alors que des dizaines de milliers de personnes étaient descendues dans les rues pour appeler au départ du régime, ont annoncé des militants.

Quelques heures plus tôt, des affrontements ont opposé les forces gouvernementales à des déserteurs de l'armée dans plusieurs secteurs de la banlieue de Damas. Des combats ont eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi à Tal, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Des accrochages se sont également produits jeudi soir à Dumair et à Qatana, deux autres localités proches de la capitale, d'après l'OSDH et les Comités locaux de coordination.

Le militant Mustafa Osso, qui se trouve en Syrie, a déclaré que les combats dans la banlieue de Damas avaient fait des victimes, mais il n'était pas en mesure de donner un bilan précis.

«Chaque fois que le régime reprend le contrôle d'une zone spécifique, nous constatons des affrontements dans de nouvelles régions», a dit le militant. «Cela semble être la stratégie de l'Armée syrienne libre.»

L'OSDH et les Comités ont également signalé des accrochages entre l'armée et des combattants de l'Armée syrienne libre dans la province de Deir el-Zour, près de la frontière irakienne. Une personne a été tuée dans ces combats, ont précisé les mêmes sources.

L'armée a également bombardé Rastan, une ville rebelle du centre du pays, faisant au moins deux morts, selon les deux organisations.

De son côté, l'agence de presse officielle syrienne SANA a rapporté des accrochages entre des soldats et des hommes armés à Kfar Nobol et à Hazazin, deux localités du district de Jabal al-Zaouiya, dans le nord.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans plusieurs villes du pays après la prière du vendredi. Des manifestations ont notamment été signalées à Alep, dans le nord, à Hama et à Homs, dans le centre, et dans la province de Deraa, dans le sud du pays.

Les forces de sécurité ont ouvert le feu sur plusieurs manifestations, faisant un mort à Hassaka, une ville du nord-est, et plusieurs blessés à Alep, d'après l'OSDH et les Comités.

La répression du soulèvement par le régime de Bachar el-Assad a fait plus de 8000 morts depuis un an, selon un nouveau bilan de l'ONU annoncé jeudi.

S'exprimant à Genève après une téléconférence avec le Conseil de sécurité de l'ONU, l'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, a averti vendredi que la crise syrienne pourrait avoir un «impact grave pour l'ensemble de la région».

L'ancien secrétaire général de l'ONU a également dit avoir encouragé le Conseil de sécurité à «parler d'une seule voix» sur la Syrie, alors que le conseil est profondément divisé sur le sujet, la Russie et la Chine continuant à soutenir le régime de Bachar el-Assad.

Kofi Annan a également déclaré que la crise en Syrie serait «beaucoup plus difficile» à résoudre qu'en Libye. Et il a reconnu que la réponse de Damas à ses propositions, parmi lesquelles un arrêt immédiat des violences, avait été décevante jusqu'ici.

De son côté, le ministère syrien des Affaires étrangères a déclaré vendredi que le gouvernement syrien coopérerait avec Kofi Annan mais poursuivrait ses opérations de sécurité.

Par ailleurs, la Turquie a exhorté vendredi ses ressortissants en Syrie à regagner leur pays. Le ministère turc des Affaires étrangères souligne dans un communiqué que la situation en Syrie fait courir un risque grave aux citoyens turcs. Ankara précise que certains de ses services consulaires seront suspendus à Damas la semaine prochaine, mais que son ambassade en Syrie restera ouverte.

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