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Marche contre la brutalité policière au centre-ville: plus de 150 arrestations

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La manifestation annuelle du Collectif opposé à la brutalité policière a dégénéré en fin de soirée, jeudi, menant à des actes de vandalisme et à plus de 150 arrestations | CP

MONTRÉAL - La manifestation annuelle du Collectif opposé à la brutalité policière a dégénéré en fin de soirée, jeudi, menant à des actes de vandalisme et à plus de 150 arrestations.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a déclaré l'événement terminé aux alentours de 22h30.

Deux policiers ont été légèrement blessés mais aucun citoyen n'a été transporté en ambulance.

Après une série de brefs affrontements avec les manifestants à travers le centre-ville de Montréal, le SPVM aura finalement encerclé un important groupe de protestataires en bordure de la Grande Bibliothèque, tout près du parc Émilie-Gamelin, lieu de départ de l'événement.

Le bilan des arrestations devait être précisé vendredi matin lors d'une conférence de presse de la direction du SPVM.

Tôt dans la soirée de jeudi, la police avait déjà effectué 15 arrestations, en plus de saisir du matériel pyrotechnique.

Les autorités estiment que de 4000 à 5000 personnes ont pris part à l'événement.

Après avoir reçu un ordre de dispersion, vers 18h20, les manifestants se sont scindés en plusieurs groupes. La police a lancé plusieurs grenades lacrymogènes et plusieurs engins assourdissants.

Certains protestataires ont commis des gestes de vandalisme, s'en prenant à au moins un commerce en fracassant la vitrine de celui-ci et en endommageant une voiture de patrouille et en renversant une autre.

Des casseurs ont profité du désordre pour piller une succursale de la chaîne d'électronique Future Shop, emportant divers appareils.

Outre les participants habituels à l'événement, des étudiants en grève se sont mêlés à la foule pour dénoncer la brutalité policière à leur endroit lors des précédentes manifestations organisées à Montréal contre la hausse des droits de scolarité.

François Grenier, un étudiant, a été grièvement blessé à l'oeil, la semaine dernière, après avoir reçu, allègue-t-on, un fragment de grenade assourdissante au visage.

«Je suis un étudiant et je suis opposé à la brutalité policière», a déclaré Gabriel Babin, un manifestant âgé de 19 ans, qui portait un masque en raison, selon lui, du temps frisquet du mois de mars.

M. Babin, qui a participé aux récentes manifestations étudiantes, affirme que l'incident impliquant M. Grenier a poussé certains étudiants à se joindre à l'événement cette année.

«Nous avons le droit de protester», affirme M. Babin.

Le jeune homme a dit souhaiter qu'on puisse éviter les actes de violence qui sont habituellement l'apanage de ce genre de manifestation.

«C'est une manifestation pacifique et c'est de cette façon qu'elle devrait se dérouler», a-t-il dit.

Le porte-parole du SPVM, le lieutenant Ian Lafrenière, a toutefois un autre avis sur la question: «Le problème, avec ce genre de manifestation, c'est que certains montrent parfois un signe de "peace" d'une main et ont une roche dans l'autre», a déclaré le lieutenant Ian Lafrenière.

Pourtant, un manifestant connu sous le nom de «Number Juan», s'est plaint d'avoir été blessé au visage par une grenade assourdissante qui aurait été lancée par la police, jeudi soir.

«C’est sûr qu’il y a des jeunes qui sont inexpérimentés, qui manquent de sagesse. Par contre, ce n’est pas une raison pour leur garrocher des grenades au niveau de la tête. Moi ça m’a explosé au niveau de la tête, dans le front. Et ça, laisse-moi te dire que c’est une tentative de meurtre», a ajouté celui qui était aussi du mouvement «Occupons Montréal».

Les autorités avaient demandé aux manifestants de respecter les lois et règlements, ainsi que le sens de la circulation.

Plus tôt également, le SPVM avait appelé les organisateurs à collaborer avec les autorités pour éviter les débordements. Les policiers se disent conscients que des casseurs se mêlent régulièrement à cet événement et profitent de l'anonymat que leur procure la foule pour se livrer à des méfaits ou poser des gestes illégaux.

L'inspecteur-chef, planification opérationnelle du SPVM, Alain Bourdages avait pour sa part invité les manifestants «légitimes» à se disperser si des policiers le leur demandaient.

L'an dernier, plus de 250 personnes avaient été arrêtées dans le cadre de cette marche. Des voitures avaient notamment été vandalisées et des vitrines de magasins fracassées. Certains manifestants avaient aussi lancé des projectiles.

Des dizaines d'arrestations avaient également été effectuées en 2010 et 2009.

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