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Jour 3 SXSW: Le recueillement nécessaire

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(Annie Quenneville)
(Annie Quenneville)

Hier soir se déroulait à South By Southwest le plus grand coup de cette édition pour la délégation québécoise. En effet, la boîte de gérance OPAK et l’étiquette de disque Secret City Records qui se partagent quelques artistes, notamment Patrick Watson et Barr Brothers, co-produisaient une vitrine officielle à l’Église St. David's Historic Sanctuary.

Tout juste située à une rue de l’action qui se fait de plus en plus intense à mesure que la fin de semaine approche, l’église était l’endroit parfait pour présenter ces artistes, qui ont tout à bénéficier d’une bonne écoute, de par la nature de leur musique. Bien que variée, la majorité de la programmation faisait dans le folk introspectif, où les arrangements de voix et instrumentations élaborées se perdraient habituellement dans une vitrine typique de l’important festival américain.

Les artistes oeuvraient ainsi dans un environnement idéal: scénographie travaillée, éclairage digne de ce nom, et balances de son en prime, luxe que les artistes en salle n’ont généralement pas.

C’est Daniel Isaiah qui commençait la soirée, artiste qui fait dans ce qu’on pourrait appeler de la mélancolie électrique. Disons. La foule, qui venait de divers horizons, comparée au public généralement uniforme et québécois du Planète Québec au Spill Bar, était respectueuse, attentive. On avait l’impression que pendant 25 minutes consécutives, certains se sont même arrêtés de texter, ce qui semble être généralement l’activité de choix durant les spectacles, ex aequo avec la prise de photos avec Instagram. C’est la pièce «High Twilight» qui s’est élevée du lot, choriste elfique aidant.

A suivi Leif Vollebekk, qui, s’il semblait embrasser le côté Jeff Buckley de la vie sur album, a aussi montré des inclinaisons vocales dignes du producteur disco américain Arthur Russel, durant sa période plus exploratoire. Il gagne certainement à être entendu sur une scène, où il brille vraiment.

Little Scream, projet solo de Laurel Sprengelmeyer, a ensuite pris la scène. La dame y était accompagnée d’une flûtiste, dont la flûte basse sonnait autant que l’orgue qui doit habituellement résonner dans ces murs. En plus d’un guitariste, Richard Parry, son copain, l’accompagnait aussi à la batterie. Oui «le roux dans Arcade Fire», comme disaient les gens assis à côté de moi. Pendant un éternel moment d’accordage d’instruments, c’est lui qui nous apprenait que la prochaine chanson «était un assemblage de deux pièces de Margaret O’Hara, une musicienne canadienne que peu de gens connaissent, et qui a fait un album formidable, appelé Miss America, il y a longtemps.» Maintenant, vous savez.

Barr Brothers, qui suivaient, ont conquis la salle, jusque-là plutôt contenue, atmosphère biblique oblige. C’est la pièce «Beggar in the Morning» qui a fait levée l’assistance (tout le monde était assis, mais.. c’est une image), pièce qu’ils ont interprétée, il y a quelques semaines, à David Letterman. Les dynamiques du groupe, la harpe et les percussions qui semblent sortis tout droit d’un magasin de jouets des années ’30 rendent hommage à la poésie du chanteur Brad Barr. Un amalgame quasi-parfait en spectacle. Si on se fie à leurs concerts ici, et à l’enthousiasme général en sol américain, ils sont sûrement la prochaine grande exportation québécoise.

Restaient Plants & Animals et Patrick Watson, mais pour cause de allons-nous-promener-en-ville, on a rejoint des collègues au spectacle des Growlers, groupe californien excellent qui a fait hocher de la tête une salle complète de gens qui semblaient au départ plutôt blasés. On remercie leur savant mélange de tropicalia et rock psychédélique enjoué. Les mots manquent pour décrire ce bonheur, mais disons que c’était comme un spectacle des Beach Boys ou des Happy Mondays, s’ils avaient bu beaucoup de Sunny Delight au lieu de… ce qu’ils ont ingéré d’illicite durant leurs carrières.

Peu après, nous nous sommes dirigés vers le spectacle de Valient Thorr, groupe de vikings métal, où un garçon enthousiaste de la foule gardait le rythme en tapant avec ses deux patin à roues alignées dans chaque main. Nous avons quitté peu après, convaincus que nos yeux ne pourraient rien voir de plus beau.

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